A Bruxelles, lors du dernier sommet européen, Mme Merkel et Mr Cameron étaient à la manœuvre, le Président français ne défendant pas vraiment la politique agricole commune menacée.

Par ailleurs, la situation en Grèce s’aggrave dans une quasi-indifférence. Ce que j’avais prévu en mai 2010 dans mon discours à l’Assemblée nationale est en train de se produire.

Le plan d’austérité est un échec total et a fait exploser la dette de la Grèce, portée à plus de 190% du PIB aujourd’hui ! Les Etats ont suppléé les créanciers privés et se trouvent maintenant détenteurs de la majorité de la dette grecque. Les contribuables que l’on nous avait promis d’épargner, seront donc les prochains dindons de la farce.

Et, une fois de plus, l’accord à l’arrachée scellé cette nuit entre le FMI et l’UE sur la Grèce ne règle rien sur le fond : s’il adoucit quelque peu les conditions faites à Athènes (au point que certains apparentent la manœuvre à un défaut rampant), il ne résout pas le déficit de compétitivité de ce pays sinistré.

On nous parle tout le temps de l’engagement allemand. Mais n’oublions pas que celui de la France est presque aussi important (20,6% du risque). En définitive, cela représente environ 50 milliards d’euros, soit près de 1000 euros par habitant, que les Français devront payer si la Grèce, comme cela est maintenant très probable, fait défaut.

Mais le pire, c’est que ce défaut épongé par le contribuable ne servira à rien puisque les dirigeants européens se refusent totalement à admettre que la seule solution est la sortie de l’euro de ce pays. Seule solution en effet pour lui permettre de redémarrer sa production locale, de relancer le tourisme, etc, etc…

Un gâchis immense causé par l’entêtement des chefs d’Etat et des faiseurs d’opinion.

Au même moment où la France débat sur le fameux choc de compétitivité, on apprend que Renault, entreprise dont l’Etat est actionnaire, se livre à un chantage social ahurissant en Espagne et en France. Pendant ce temps, Volkswagen prévoit des milliards d’investissement sur le sol allemand.

Le seul véritable choc de compétitivité à même de sauver notre industrie est, bien sûr, la dévaluation compétitive ou plus exactement la réévaluation de la monnaie allemande. Cela, bien sûr, passe par le démontage organisé et raisonnable de l’euro. Tout le reste n’est que littérature.

Mais, il est beaucoup plus important dans notre pays de manifester pour ou contre le mariage homosexuel, qui n’intéresse que quelques milliers de personnes.

Il est beaucoup plus intéressant de commenter des heures et des heures les haines cramoisies de dirigeants qui ont failli.

Il est beaucoup plus intéressant de savoir si Mme Duflot tient davantage à son Ministère du logement qu’à ses convictions écologistes.

Comment, dans ces conditions, ne pas comprendre le mépris de plus en plus grand des Français pour leur classe politique ! Une classe politique qui, on le sait, a renoncé à défendre l’intérêt supérieur de la Nation. Plus que jamais la décomposition du régime est à l’œuvre.

Les Chinois représentent le mot crise par deux idéogrammes, l’un signifiant la destruction, l’autre la reconstruction.

Voilà pourquoi, il ne faut pas désespérer, mais se donner les moyens de bâtir une nouvelle offre politique, capable de dépasser de très loin le seul avenir de la droite ou de la gauche pour s’intéresser, enfin, à celui de la France. Tout simplement…