Les haines accumulées sont telles que même la fin de la Guerre froide, pourtant propice à la résolution de plusieurs conflits de par le monde, n'a pas permis de mettre un terme à cette tragédie. Malgré les accords historiques d'Oslo, la spirale infernale de la violence a repris le dessus.

Certains responsables jusque-boutistes, Israéliens et Palestiniens, sont coresponsables de cette impasse, comme en témoigne aujourd'hui encore le duel entre les faucons de chaque camp, emmenés d'un côté par Benjamin Nétanyahou et de l'autre par le Hamas. Camper sur la ligne dure ne mène nulle part, sinon à l'aggravation sans fin de la guerre. Résultat, ce sont presque trois générations qui n'ont connu comme quotidien et horizon que l'affrontement, la haine et le fanatisme ! Ce sont ces passions qu'il faudra bien, à la fin, parvenir à déraciner pour établir une paix et une cohabitation durables entre Israéliens et Palestiniens. La tâche sera immense, l'expérience du passé le démontre abondamment. Elle n'en est que plus nécessaire et urgente !

Ainsi, je voterai pour la création d'un Etat palestinien car c'est le seul moyen d'aller vers la résolution de ce conflit qui empoisonne le Proche-Orient et le monde depuis des décennies. Les responsables politiques du monde entier, à quelques exceptions près, plaident unanimement en ce sens. En France aussi, bien sûr, où cette question revêt pourtant des enjeux de paix civile si grands, la classe politique soutient cette solution : les présidents de la République successifs, de gauche comme de droite, ont tous porté à bon droit cette politique.

C'est le choix du bon sens, que beaucoup d'Israéliens soutiennent d'ailleurs, malgré les attentats, la menace des tirs de roquettes et les indignes attaques-kamikazes. Il y a en Israël même de nombreux sages qui en appellent à la reprise des négociations. Il faut lire la pétition signée par 700 personnalités dont l’ancien ambassadeur d’Israël en France, Eli Barnavi, et l’ancien président de la Knesset, Avraham Burg. Il faut écouter les propos tenus récemment par l’ancien président israélien Shimon Pérès qui a appelé, avec force, le gouvernement de son pays à reprendre d’urgence les négociations de paix.

C'est aussi la voie que veulent une majorité de Palestiniens, qui doivent une fois pour toutes mettre à l'écart le Hamas et garantir le droit à l'existence et à la sécurité d'Israël. Bien sûr, la responsabilité de la communauté internationale, à travers l'ONU, est immense : il lui revient de rapprocher les opinions publiques, de rassurer efficacement les uns et les autres, de garantir un avenir vivable pour tous. Car il ne suffira pas de reconnaître untel et untel, puis de s'en laver les mains : tout au contraire, il faudra une implication totale, résolue et patiente de chacun pour qu'enfin l'espoir de paix ait de réelles chances de se concrétiser.

Reconnaître l'Etat palestinien comme l'ont déjà fait 135 pays, revient ni plus ni moins à faire vivre un principe fondamental qui régit le reste du monde contemporain : le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, qui seul crée les conditions d'égalité entre les nations et inscrit leurs relations dans le champ de la rationalité politique, loin de la paranoïa et des fanatismes haineux. Souvenons-nous d'ailleurs que dès l'origine, la résolution de l'ONU sur la Palestine prévoyait la constitution de deux Etats.

Aborder la douloureuse question israélo-palestinienne réclame du courage et exclut d'agir plus longtemps sur la pointe des pieds ou dans la demi-mesure. A cet égard, que le gouvernement français ait choisi de se cacher derrière le Parlement sur la question de la reconnaissance de l'Etat palestinien, n'est pas à la hauteur de l'enjeu. La pusillanimité de François Hollande fait à nouveau des dégâts, là où la France aurait dû assumer tout son rôle.