Un point commun à tous : ils découvrent soudain, élection oblige, la débâcle industrielle, mais ils en sont les principaux responsables. Car, qui a signé depuis 20 ans tous les traités européens qui ont handicapé notre industrie et ont incité nos entrepreneurs à délocaliser ? Qui défend bec et ongles l’euro surévalué qui asphyxie nos entreprises et les pousse à produire hors zone euro ? Qui hurle au populisme lorsqu’on demande simplement une vision réaliste des échanges internationaux et le droit de la France et de l’Europe à se protéger un minimum comme le font tous les Etats du Monde.

Aujourd’hui, à l’occasion de toutes ces visites d’hommes politiques dans les usines françaises, il y a plus de caméras que d’ouvriers !

Le grand show a commencé pour faire croire qu’il était possible de tout concilier : l’ouverture totale des frontières avec des pays esclavagistes et la défense de notre industrie, l’euro cher aligné sur le mark et le dynamisme de nos exportations.

Depuis 20 ans ceux qui veulent se refaire une virginité en allant serrer la main des rescapés de l’industrie racontent tout et le contraire de tout.

Dans les discours c’est possible, mais face au mur des réalités économiques cela ne marche pas.

Il va bien falloir choisir. Si l’on considère, comme j’ai été l’un des premiers à le dire, qu’il n’y a pas de puissance économique sans une industrie forte, qu’il n’y a pas de protection sociale sans des gains de productivité dans le secteur industriel, il va falloir radicalement changer de politique.

Je ferai campagne sur le thème du protectionnisme intelligent. Il ne s’agit pas, bien sûr, d’enfermer la France derrière des murailles. Il s’agit tout simplement de rétablir la loyauté de l’échange.

Il ne s’agit pas d’empêcher les pays émergents de se développer. Tout au contraire, l’objectif est de passer du nivellement économique et social par le bas au rapprochement par le haut des conditions de vie sur la surface du globe. C’est l’intérêt des Chinois miséreux de Shanghai autant que des ouvriers français de Lorraine que de mettre en place un minimum de règles compensatoires pour éviter que les entreprises ne fassent commerce de la misère.

Je présenterai les 5 mesures choc de mon projet protectionniste, vendredi matin lors de mon premier déplacement de campagne à Petit Couronne, devant les ouvriers de Petroplus. J’irai leur dire qu’il existe de vraies solutions pour garantir leur avenir à la condition, bien sûr, que la France reprenne sa liberté d’agir et ose se dégager de cette pensée unique qui l’anesthésie totalement.