Fin décembre 2016, la plupart des observateurs voyaient élu dans un fauteuil François Fillon. Ses fidèles soutiens se partageaient les Ministères et rédigeaient déjà leurs projets d’ordonnances. Qui aurait pu prévoir l’issue de ce scrutin ? Il est si facile après les évènements de faire croire qu’il était possible de les anticiper.

Je me souviens d’ailleurs encore d’un sondeur qui, début janvier, me suggérait de renoncer à ma candidature estimant que je ne dépasserai pas 1% des suffrages. En définitive, ce sont près de 2 millions de Français qui m’ont fait confiance pour porter une autre politique pour notre pays. Certes ce n’était pas assez, mais compte tenu des faibles moyens financiers dont nous disposions et de l’inégalité scandaleuse de l’exposition médiatique, ce fut un score tout à fait honorable.

Je ne remercierai jamais assez celles et ceux qui m’ont accompagné tout au long de cette campagne, bravant les sondages minorés, résistant à la pression du vote dit utile, convaincus de l’équilibre et du sérieux de notre projet politique, amoureux d’une « certaine idée de la France ». Ils ont été exceptionnels de bravoure et d’énergie.

Mon choix du 2nd tour, je le sais, n’a pas fait plaisir à tout le monde. Mais, alors que tous les Français avaient l’obligation dans l’isoloir de trancher entre deux options, je ne pouvais pas faire preuve de lâcheté en ne choisissant pas.

N’en déplaise au climat d’inquisition qui a régné pendant les deux semaines de l’entre-deux tours, je suis fier d’avoir pris mes responsabilités, combattu le mondialisme destructeur et inhumain d’Emmanuel Macron et infléchi fortement le programme déjà transformé de Marine le Pen.

Malgré l’avalanche de calomnies, les Français ont bien compris que je restais un homme indépendant, libre, au seul service de l’intérêt supérieur de mon pays et que c’est justement cette indépendance qui faisait la force de notre association.

Une manipulation médiatique sans précédent, des faiblesses, il faut le reconnaître, lors du fameux débat, le manque de temps aussi pour expliquer notre projet solide de redressement national, n’ont pas permis la victoire. Le temps, avec notamment les effets destructeurs d’une politique de souffrance sociale, aussi injuste qu’inefficace, menée par la nouvelle majorité, nous donnera raison.

Voilà pourquoi plus que jamais je crois en la démarche que j’ai lancée cet automne de rassemblement des « Amoureux De La France ». C’est justement parce que j’ai eu le courage de briser le piège de la division de la droite, tendu par François Mitterrand, que j’ai aujourd’hui la liberté de dire haut et fort ce qui a manqué dans la campagne du 2nd tour et ce qu’il faut faire pour demain : un programme plus audacieux et plus sérieux pour convaincre les Français de nous faire confiance.

Il ne suffit pas, bien sûr, de parler de rassemblement des « Amoureux De La France », il faut préciser autour de quel projet se fera l’inéluctable union des patriotes et des républicains. C’est tout le sens de la plateforme participative qui vise à consulter les Français pour bâtir le programme qu’ils attendent.

Nos compatriotes veulent la rupture mais, à juste raison, ne désirent pas l’aventure. Ils veulent être maîtres de leur destin sans pour autant s’isoler du reste de l’Europe et du monde. Ils souhaitent plus de liberté mais aussi davantage de protection.

Le vieux peuple français est profondément sage. Après avoir été tant trompé, il a tendance à douter de tout. C’est d’ailleurs ce qui peut parfois le conduire à la torpeur de la résignation. Je veux lui proposer un réveil énergique et crédible car tout l’enjeu des prochaines années est là : convaincre une majorité de Français qu’il est possible de gouverner autrement en retrouvant notre liberté politique au service de tous les Français.

Le chemin sera long et difficile car nous dérangeons les intérêts puissants qui, pour établir leur domination, ont besoin d’endormir les esprits, de caricaturer l’opposition et finalement, comme en mai 2017, de créer un réflexe de peur et de paralysie pour se maintenir au pouvoir.

A nous donc de comprendre l’inquiétude des Français, d’amender suffisamment notre projet pour bâtir la voie à la fois exigeante et raisonnable qui est attendue. Mettons aussi un terme aux disputes dérisoires des personnalités dont les egos et l’esprit de boutique tendent à faire oublier l’intérêt national. Procédons par addition plutôt que par division. Nous avons besoin de tous les talents.

A cet égard, les élections européennes de 2019 seront décisives tant la question européenne est au cœur du « problème » français. On ne pourra donc réussir 2018 qu’en comprenant 2017.

J’avoue sur un plan plus personnel que cette année fut particulièrement éprouvante. J’ai grandi énormément en quelques mois, non pas seulement car j’ai dû affronter la disparition de mes parents, mais parce que j’ai soudain découvert toute l’ambivalence de l’âme humaine. Certains que je croyais proches m’ont poignardé dans le dos, d’autres que je croyais plus lointains m’ont tendu la main.

J’ai tout vécu… les insultes télévisées des petits chiens de gardes du système s’en prenant même à la mémoire de ma mère, les manifestations dans ma ville organisées par l’extrême gauche et instrumentalisées par les médias, l’accablement public de ceux qui quelques jours auparavant m’avaient recommandé ce choix.

Mais au-delà du pire j’ai, reconnaissons-le, connu au même moment le meilleur. Des milliers d’adhésions à Debout la France, les témoignages d’encouragement dans la rue de Français anonymes et le plus beau cadeau du monde : ma réélection, jugée impossible quelques jours avant, comme Député de la 8ème circonscription de l’Essonne. Jamais je n’oublierai les 63% des habitants de Yerres qui ont désavoué ceux qui se léchaient les babines de ma mort politique.

Jamais je n’oublierai la fidélité de ceux qui, dans les moments les plus difficiles, ont fait preuve de courage et de constance.

Preuve s’il en était besoin qu’en démocratie c’est le peuple qui a le dernier mot et c’est justement parce que j’ai confiance dans le peuple français et que je crois à la justesse de mon combat politique que je n’ai jamais été aussi combatif à la veille de cette nouvelle année 2018.