Des pompiers et des policiers attirés dans de véritables embuscades où les agresseurs n'hésitent plus à utiliser des armes à feu, des enseignants et des personnels d'éducation frappés parce qu'ils osent assumer leur mission d'éducation et de protection de leurs élèves, des infirmières et médecins hospitaliers (voire libéraux) violentés dans l'enceinte de leurs locaux, des attaques au cocktail Molotov contre des lycées et désormais contre les gardiens de la paix en faction dans leur véhicule à Viry-Châtillon... Et face à cela, une sempiternelle langue de bois gouvernementale, une timidité judiciaire et un manque criant de moyens qui alimentent mécaniquement le sentiment d'impunité et de toute-puissance des ennemis de la République !

Le Député-Maire que je suis le constate dans sa propre circonscription (elle aussi située en Essonne), où le niveau de délinquance n'a pourtant rien à voir avec celui de la Grande Borne : ainsi que je le relatais vendredi matin chez Jean-Jacques Bourdin, le portail du commissariat de secteur est ainsi cassé depuis des semaines, les fonctionnaires ont tellement peu de véhicules que ma ville finit par leur en fournir, et pendant ce temps le nombre de délits en attente de jugement - ou, plus grave, de peine d'incarcération inexécutées - ne cesse de grossir au tribunal d'Evry...

Devant tant d'accumulation de violences impunies ou si peu sanctionnées, face à une audace criminelle sans limite et à l'abandon tragique par l'Etat des policiers sur le terrain, il était fatal que la profession finisse par se rebiffer. C'est une situation très grave, qui risque de compromettre le maintien de l'ordre public, mais qui est entièrement imputable à nos gouvernants qui laissent pourrir les choses depuis des lustres.

Pendant que nos policiers disent ouvertement leur grogne, la classe politique ne trouve d'ailleurs rien de mieux que de continuer à mitonner ses petites soupes sur ses petits feux : à s'invectiver stérilement sur une baisse des effectifs et une clochardisation de l'Etat dont en réalité droite et gauche sont conjointement responsables. Lorsqu'il ne s'agit pas, comme Jean-Christophe Cambadélis l'a fait toute honte bue, d'insinuer que les fonctionnaires excédés se comporteraient en pions plus ou moins consentants d'officines d'extrême droite !

Les mesures d'urgence qu'il faut engager sont pourtant connues de tous et je les réclame inlassablement depuis des lustres : le recrutement de 10 000 adjoints administratifs (par exemple des étudiants en droit) pour soulager les policiers des tâches indues, des sanctions judiciaires systématiques et à la hauteur (détention préventive) dès lors que les personnes dépositaires de l'autorité publique sont attaquées, des facultés accrues de légitime défense pour que les policiers ne soient plus des cibles paralysées par la crainte de faire usage de leur arme, l'aménagement immédiat de 40 000 places de prison dans les casernes désaffectées de l'armée, la simplification du code pénal, l'inscription au casier judiciaire de toute insulte proférée contre un policier, etc.

Et je ne parle pas des moyens matériels, notamment en équipements et en locaux, qu'il faut cesser de rationner dans le contexte d'aujourd'hui, où terrorisme et émergence d'une rébellion criminelle obligent à réagir vite et fort - sous peine, cette fois, d'exposer les Français à de terribles violences aux conséquences incalculables.

En attendant, tous les policiers, gendarmes, pompiers, professeurs, infirmières, médecins, etc. tous ces agents du service public qui accomplissent remarquablement leurs missions d'intérêt général trop souvent dans les pires conditions, méritent pleinement notre respect et notre soutien. D'ailleurs, nombre de nos concitoyens qui le leur témoignent spontanément, démontrent bien à quel point une large majorité de Français n'est pas dupe des tentatives de mise à l'index du gouvernement. Tenez bon, allez au bout de vos revendications, car votre sécurité c'est tout autant la nôtre !

Bien entendu, je développerai durant la campagne présidentielle mes propositions pour qu'enfin la peur change de camp et que la délinquance soit, une fois pour toutes, fermement et efficacement combattue. On ne le dira jamais assez : la première des libertés est celle d'aller et venir en toute sécurité.