En méprisant les Gilets, jaunes, en les insultant, en frappant des innocents et en manipulant les voyous venus casser lors des manifestations pour effrayer nos concitoyens, le pouvoir a voulu faire taire l’aspiration profonde des Français à ce que leur voix soit enfin entendue.

Aristote disait déjà sous la démocratie athénienne, que la citoyenneté n’avait de sens que si elle ouvrait à chacun la possibilité d’exercer concrètement le pouvoir politique.

La démocratie n’est pas le simple gouvernement d’une minorité désignée par la majorité, c’est un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. La représentation par des parlementaires et des institutions définies au XVIIIème siècle ont été les fruits de nécessités démographiques, techniques et pratiques. Ces contraintes n’existent plus.

Au XXème siècle, la démocratie s’est considérablement renforcée grâce à l’éducation de tous les citoyens et à l’accès à l’information par les médias traditionnels. Le referendum gaulliste était le fruit de cette première étape vers une démocratie semi-directe, synthèse entre la représentation parlementaire, les corps intermédiaires et le vote direct du peuple sur les grandes questions.

L’incroyable paradoxe de ce début de XXIème siècle est que la volonté du « système » de restreindre, voire d’étouffer la démocratie directe alors qu’elle devrait s’imposer d’elle-même ! Les nouvelles technologies, la diffusion large du savoir et des informations rendent techniquement possible la consultation directe des citoyens. Or, le « système » sait que les politiques qu’il mène ne sont pas celles que veulent les citoyens.

En France en particulier, le dernier référendum de 2005 a clairement affirmé la volonté de rupture avec la déconstruction des Nations et la mondialisation sauvage. Son résultat a été balayé par le Parlement qui a commis un véritable coup d’Etat anti-démocratique. A de multiples reprises, en Irlande, aux Pays-Bas, des référendums ont subi le même sort funeste. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ces votes populaires se sont opposés à l’Union Européenne, structure bureaucratique et antidémocratique par excellence qui n’a pu prospérer qu’au mépris des décisions des peuples.

L’effacement de la démocratie n’est pas uniquement une injustice contre les droits fondamentaux de nos concitoyens, c’est un crime contre notre civilisation. Nous sommes les héritiers de traditions et de principes millénaires nés dans les cités grecques, les forums romains et les villages gaulois. Notre histoire politique est un chemin vers la démocratie guidée par la boussole de la liberté et de l’égalité. Tout écart de ce chemin ne peut mener qu’à l’échec.

On connait les excuses et les prétextes de ceux pour qui la démocratie est un dérangement. Le peuple serait incapable de gérer les affaires publiques, ignorerait l’intérêt général et serait une horde haineuse ! Comment peut-on tenir de tels propos ? Est-ce la démocratie directe qui a conduit tous les pays occidentaux à des niveaux de dettes, de déficit et de chômage insoutenables ? Est-ce la démocratie directe qui a déclenché la crise financière de 2007 ? Est-ce la démocratie directe qui a fait rentrer des millions de migrants au mépris de tout bon sens ? Est-ce la démocratie directe qui a déchiré par des guerres terribles, hier l’Europe, aujourd’hui le Moyen-Orient ? Est-ce la démocratie directe qui abandonne la liberté des femmes et des minorités à la terreur islamiste dans nos quartiers ?

Qui a permis l’abolition de l’Apartheid en Afrique du Sud sinon un référendum à 70% des voix ? Qui a élu Barack Obama, premier président noir alors qu’aucune « élite » ne voyait au pouvoir avant des siècles ? Rappelons que les élites progressistes » du parti démocrate n’avaient d’yeux que pour les éternels patriciens comme les Clinton ! Qui a soutenu en son temps Ségolène Royal contre les éléphants « bon chic bon genre » du PS sinon le peuple ? Est-ce le peuple qui voulait que Mme Royal reste à la maison pour « garder les enfants » ou l’énarque surdiplômé Laurent Fabius ?

Regardons les faits. La Suisse utilise le référendum populaire depuis 1893 ! Notre voisin est-il en faillite, en guerre civile, divisé par la haine ? Pas vraiment. La Suisse est l’un des pays les plus riches, les plus sûrs et les plus développés du monde. Suivent les pays nordiques qui sont aussi des modèles de démocraties bien plus intégrées que la France.

Un autre mensonge couramment employé consisterait à dire que les citoyens ne se prononceraient pas sur la question posée par référendum mais contre les dirigeants en place. Là encore, les faits ne résistent pas à l’analyse. Sous Charles de Gaulle, de nombreux référendums sont convoqués, les débats qui se tiennent montrent clairement que les Français réfléchissent et répondent aux questions posées. En 1969, le Président lui-même confond le projet qu’il présente avec le soutien à sa personne. Alors qu’il avait fait un triomphe aux élections législatives, De Gaulle perd le référendum. Qui peut prétendre que les Français voulaient punir le héros de la France Libre ? En 1992, les Français votent pour Maastricht alors qu’ils exècrent François Mitterrand ; idem en 2000 avec le vote sur le quinquennat. En 2005 enfin, s’est tenu le plus grand débat démocratique que la France ait connu. Munis de leur exemplaire de la Constitution Européenne, les Français ont débattu des heures dans des milliers de réunions. Tout le monde se fichait bien de sanctionner ou non Jacques Chirac.

Enfin, les opposants au RIC prétendent que le Parlement serait menacé ! Cet argument est tout simplement ridicule. Il est évident que le RIC donnera lieu, comme en Suisse ou ailleurs, à quelques consultations par an. L’écrasante majorité des textes restera du domaine du Parlement. A ce titre, si le Parlement faisait correctement son travail de représentation, les demandes de RIC baisseraient mathématiquement !

Bref, le baratin contre le référendum d’initiative populaire n’est que la version contemporaine des mêmes mensonges que l’on opposait au suffrage universel masculin puis à l’extension tant attendue aux femmes. « Peuple enfant », « soumission des femmes aux curées », que d’insultes et d’injustices brandies au nom de l’ordre établi et de l’égoïsme des élites !

Caricatures du système, les élus En Marche multiplient depuis le début de la semaine nombre de contrevérités, doublant leurs « Fake News » d’insultes envers les Français. En effet, on ne compte plus les contre-vérités lancées par En Marche. Au point que Richard Ferrand, Président de l’Assemblée Nationale, s’est fait rappeler à l’ordre par l’ancien maire de Genève, le suisse Guillaume Barazzone, qui a exigé des excuses pour ses propos réduisant le référendum d’initiative populaire suisse à l’arme de quelques « affairistes » et « lobbyistes ».

Au-delà de l’insulte faite à l’intelligence des Français qui est de considérer qu’ils utiliseraient le référendum d’initiative citoyenne pour établir un régime autoritaire et violent, il est évident que tout référendum s’inscrit dans un ordre constitutionnel. Que ce soit en Suisse, en Nouvelle-Zélande ou dans les Etats américains, les RIC respectent naturellement les droits fondamentaux.

C’est pour cette raison que j’ai toujours soutenu dans mes combats politiques le référendum d’initiative populaire. Je l’ai proposé lors de la Présidentielle de 2012, puis j’ai déposé une première proposition de loi en 2013, que j’ai réitérée en 2018 avec le sénateur Jean-Louis Masson. Avec ce dernier, nous sommes aussi les premiers parlementaires à avoir déposé effectivement une demande de Référendum d’Initiative Partagée. Nous avons choisi l’immigration, thème prioritaire pour les Français. Hélas, les parlementaires LR ont refusé de cosigner cette initiative pour la soumettre aux Français.

Le RIC que nous défendons ne doit connaitre aucun verrou ou obstruction parlementaire comme le propose Les Républicains ou le Parti Socialiste, toujours prêts à faire semblant de défendre les Français. Les critères doivent être simples et transparents, à savoir réunir tout simplement les signatures d’une partie des citoyens, par exemple 500 000 personnes, soit 1% des électeurs inscrits.

Les Gilets Jaunes ont relancé la marche vers la démocratie directe. J’espère que le pouvoir entendra cette exigence plutôt que de la ralentir.



Le hasard a voulu que ce blog sur la démocratie directe que j’appelle de mes vœux soit le 1000ème de ce blog, que je tiens toujours avec autant de plaisir. Il fait partie, avec les réseaux sociaux et internet en général, de ces outils fabuleux qui ont rendu possible de nouvelles formes de débats démocratiques, de participations et d’idées inédites. Disons-le en toute franchise, sans internet Debout la France n’aurait pu percer et émerger comme une vraie alternative politique.

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