Mardi 31 mars, Emmanuel Macron a visité la plus grande usine de masques de France, Kolmi-Hopen dont la mobilisation est exemplaire. Il a annoncé que notre pays produirait 15 millions de masques par semaine d’ici fin-avril, soit un doublement de la production française quand la Chine a multiplié la sienne par six !

Dans une France dirigée par un gouvernement favorable au « fabriqué en France », notre pays compterait au moins une usine de masques de plus, le site Sperian. Hélas, Emmanuel Macron n’a pas bougé le petit doigt pour sauver cette usine, fermée en septembre 2018 après une longue agonie. Au plus fort de sa production, cette usine bretonne produisait 20 millions de masques par mois en rythme normal, sans doute beaucoup plus avec les cadences qu’a pu atteindre Kolmi-Hopen.

La contradiction majeure entre le nouveau discours de circonstance d’Emmanuel Macron et ses actes passés n’est pas anecdotique. Comment faire confiance à un homme dont toute la carrière professionnelle et politique mais aussi toute la doctrine affirmée et réaffirmée à de multiples reprises a consisté à balayer l’industrie nationale ?

Emmanuel Macron est un menteur. Je le sais personnellement puisque lors de l’unique débat de la campagne présidentielle en 2017, il m’a menti devant des millions de Français. Alors que je lui demandais des explications sur le pillage d’Alstom par les Américains de General Electric, il répondit qu’il n’avait eu « rien à connaître » dans cette affaire. C’était déjà faux à l’époque - il a personnellement signé le décret de dépeçage le 5novembre 2014 comme Ministre de l’économie - mais la Commission d’Enquête parlementaire montrera même qu’il avait agi dès juin 2012 dans le dos du Président Hollande lui-même, qu’il conseillait comme Secrétaire Général Adjoint.

Je ne crois pas une seule seconde aux annonces d’Emmanuel Macron sur la « souveraineté nationale et européenne » car ses actes présents, au cœur même de la crise que traverse notre pays, ne correspondent nullement à ses belles paroles.

Ce samedi 18 mars, le gouvernement a annoncé la commande d’un milliard de masques d’ici fin juin. Ils viendront tous de Chine. Pendant ce temps-là, la France aura produit, au mieux, 150 millions de masques.

Autrement dit, le gouvernement commet la même erreur qui a provoqué le scandale actuel, en maintenant à 90% notre dépendance de masques envers la Chine. Or, ce pays peut très bien avoir une rechute épidémique ou des troubles liés aux conséquences du virus. Pire encore, on sait déjà que la surproduction chinoise est parfois de mauvaise qualité : la Hollande vient de renvoyer 50% d’une commande défectueuse, incident loin d’être isolé.

En réalité, Emmanuel Macron n’a pris aucune décision de rupture pour relancer la production française. Il ne fait que de la communication pour gérer la pénurie grâce à la mobilisation exceptionnelle des usines actuelles, de leurs dirigeants et employés ainsi que d’initiatives privées qu’il faut saluer comme elles le méritent. En revanche, le gouvernement n’a jamais lancé le moindre « effort de guerre » productif.

Par exemple, si le gouvernement veut montrer qu’il veille à la souveraineté industrielle, je l’engage à sauver deux usines stratégiques en redressement judicaire : FAMAR, dernière usine à produire de la chloroquine et Luxfer, seul site capable de produire des bouteilles d’oxygène sous 4 semaines et dont les machines sont à l’arrêt, protégées par des ouvriers courageux contre un fonds vautour qui veut détruire l’outil productif.

J’ai saisi le Conseil d’Etat pour contraindre le gouvernement à sauver ces deux sites rentables économiquement en plus d’être stratégiques. La haute juridiction a renvoyé la responsabilité au gouvernement. Que ce dernier prenne donc ses responsabilités et transforme les paroles en actes !

Emmanuel Macron ne veut rien changer mais il veut faire croire aux Français qu’il avait compris que tout devait changer. Rappelons-nous que les élites dirigeantes incompétentes avaient déjà promis de tout changer après la crise financière et économique de 2007-2008. Les mêmes belles paroles pour une politique encore pire ! Les citoyens-contribuables ont renfloué les banques et les multinationales qui ont encore aggravé la mondialisation sauvage et la désindustrialisation !

Le courageux Arnaud Montebourg a cru pouvoir peser au sein de « l’ancien monde » mais ses tentatives se sont heurtées au faux « nouveau monde », Emmanuel Macron lui-même qui a mis en échec tous ses projets avant de le remplacer purement et simplement. Finalement, le « redressement productif n’a jamais eu lieu » car les faux-culs qui avaient menti aux Français n’en avaient cure ! Pire encore, Emmanuel Macron a bradé à lui seul autant de fleurons industriels que plusieurs gouvernements entiers avant lui : Alstom, Technip, Lafarge et des dizaines d’industries anonymes mais qui font la richesse d’une nation.

Les idées n’existent que par les hommes et les femmes qui les portent et ils ne changeront jamais. Que nos concitoyens cessent d’écouter les balivernes des incapables qui les ont conduits dans l’impasse. Nous sommes prêts à gouverner autrement, fidèles aux valeurs et aux programmes que nous avons toujours défendus même quand ils étaient honnis par le système. Renvoyons Emmanuel Macron et les idées catastrophiques qu’il incarne aux oubliettes de l’Histoire pour rebâtir une France forte, libre et juste.

Nicolas Dupont-Aignan, Président de Debout La France, Député de l’Essonne.