Mais un trésor hélas gravement négligé - pour ne pas dire spolié - par les gouvernants successifs, qui se sont méthodiquement acharnés ces trente dernières années à l’écraser de taxes, d’impôts, de normes et de contraintes toutes plus paralysantes et décourageantes les unes que les autres. Ce, pendant que les firmes du CAC et les multinationales installées en France échappent largement à l’impôt par des systèmes d’ « optimisation fiscale », manière polie de qualifier un vol légalisé… C’est une folie à laquelle il faut sans attendre mettre fin. Car oui, il est possible de parvenir à une meilleure équité fiscale et de recréer enfin un écosystème favorable aux PME. Oui, redonnons de l’oxygène à nos petites et moyennes entreprises !

Tout d’abord, il faut vraiment simplifier l’environnement administratif, social et normatif des entreprises, qui dissuade tant de vocations et bride les énergies.

Ainsi, il est indispensable de remettre à plat le régime social des indépendants (RSI) qui menace l’avenir de milliers d’entrepreneurs. Ensuite, il faudra aussi parvenir à toiletter radicalement le fatras de normes et contraintes qui se sont empilées au fil des ans, à Paris comme à Bruxelles. Enfin, instaurons donc une exonération totale de charges sociales pendant 5 ans pour tout recrutement en CDI d’un chômeur de longue durée.

En finir avec tous ces labyrinthes est nécessaire mais ne suffira pas. Deuxième problème majeur que rencontrent nos PME, la France est soumise à une concurrence déloyale contre laquelle il nous faut lutter au lieu de baisser les bras.

Comment ainsi accepter plus longtemps une directive « travailleurs détachés » qui, même lorsqu'elle est appliquée dans le cadre de la légalité (on tremble en songeant aux 300 000 clandestins générés par ce système !), fausse gravement la concurrence en produisant des salariés low cost au tarif social de leur pays d’origine ? Toute activité réalisée en France doit donc être soumise aux cotisations sociales françaises. Que dire aussi de l’inégalité devant l’impôt sur les sociétés (IS) entre PME et grandes firmes, payé plein pot par les premières et pas ou pas du tout par les secondes, sinon qu’il faut le réduire dans un cas et l’augmenter dans l’autre ? Oui, les firmes du CAC 40 et autres multinationales aux profits nomades doivent désormais payer, tandis que l’IS pourrait être divisé par deux sur les bénéfices, notamment ceux des PME, réinvestis en France.

Enfin, n’hésitons plus à défendre notre tissu économique en le protégeant et en le dopant. Le patriotisme économique le plus élémentaire - celui auquel, par exemple, les Etats-Unis, le Japon, la Corée du Sud,… n’ont aucun scrupule à recourir - doit désormais animer l’action des pouvoir publics. On constate souvent que l’un des handicaps de nos PME est de ne pas réussir à grandir suffisamment, faute d’une capacité de développement correspondante. Coût du travail rebutant, carnet de commande pas assez fourni, difficultés de financement lancinantes, taxes trop lourdes… ce ne sont effectivement pas les obstacles qui manquent !

Nous devons donc mettre en place en France le « Small Business Act » qui, aux Etats-Unis, oblige les collectivités publiques à réaliser au moins 25% de leurs commandes aux PME nationales. Il y a quelques années, l’Union européenne avait fait mine un instant de vouloir l’instaurer, mais c’était en fait pour mieux l’enterrer. La France ne doit donc plus hésiter pour sa part ! Quant au financement, c’est à l’Etat de veiller à ce que les banques assument leur mission d’irrigation en crédit de l’économie nationale, au besoin en développant une politique proactive par le biais d’une grande banque publique comme La Poste… Que des agios usuraires soient donc remplacés par un crédit raisonnable lorsqu’un besoin de trésorerie se fait sentir en fin de mois ! N’hésitons pas non plus à rétablir le taux de TVA préférentiel pour toutes les activités à fortes retombées économiques, comme celles du bâtiment et des travaux publics, ou à baisser de 50% celle sur les véhicules professionnels si précieux pour l’activité de tant de professionnels et dont l’envolée des ventes aurait un impact fort pour les constructeurs français…

Enfin, il revient aussi aux pouvoirs publics locaux et nationaux de tout faire pour soutenir le commerce de proximité, notamment en donnant un coup d’arrêt à l’extension de la grande distribution.

Un tissu économique libéré de ses pesanteurs, à l’horizon concurrentiel enfin dégagé, défendu et aidé par les pouvoirs publics dans une préoccupation à la fois nationale et locale, plutôt que de s’agiter avec des usines à gaz type loi-Macron, qu’attend-on pour vraiment agir contre le chômage et le déclin ?