Malgré l’urgence de la transition énergétique, la Chine continue d’ouvrir des centrales à charbon, la production pétrolière américaine explose, la Russie exporte toujours plus de gaz, l’Allemagne s’est enfermée dans le lignite (charbon le plus sale) et les plaques de déchets plastiques s’étendent à la surface des océans.

A ce titre, la France est le grand pays industrialisé qui a fait le plus d’effort depuis la première crise pétrolière pour décarboner son économie, en particulier l’électricité. Bien entendu, il faut continuer à moderniser notre modèle de production et notre mode de vie, mais j’en ai assez qu’on culpabilise les Français qui ont fait deux fois plus d’efforts que les Allemands et encore bien plus que les Américains !

Malheureusement, ce ne sont pas des marches pour le climat ou des actions en justice contre l’Etat français qui suffiront à changer ces décisions hypothéquant l’avenir de la planète entière. C’est le modèle global de mondialisation sauvage qu’il faut revoir et le culte de l’argent. C’est d’autant plus évident que ce système qui broie la nature méprise aussi la dignité humaine, le mérite du travail et les liens fondamentaux comme la famille et la nation.

Il faut rompre avec ces plans bidons qui portent des objectifs de com à 2050, une perspective si éloignée qu’elle n’engage que ceux qui veulent le croire. Il n’y a pas à chercher ailleurs le manque de résultat ! Nous devrions prendre des objectifs à court terme plus modestes mais qui seront véritablement atteints !

Le temps d’une politique écologique volontariste est venu. La France et l’Europe doivent enclencher un cercle vertueux écologique de toute urgence. Depuis des années, je propose avec Debout la France l’application d’un plan d’urgence axé sur la relocalisation de l’économie, la dépollution des activités et la sanctuarisation des espaces naturels.

Ce plan fera d’abord le pari du « produire et consommer local », seul modèle économique compatible avec une véritable transition écologique. Une étude du ministère de l’écologie démontre que les émissions liées aux importations représentent la moitié de l'empreinte carbone de la consommation en France : en se désindustrialisant, notre pays n’a fait que délocaliser la pollution ! Les normes environnementales chinoises étant beaucoup moins exigeantes que les nôtres, la pollution globale a explosée, sans parler des émissions liées au transport des marchandises sur des milliers de kilomètres. Je propose de rompre avec ce modèle irresponsable qui détruit l’environnement, empoisonne nos enfants et brise la dignité humaine sur l’autel du profit : la priorité sera d’en finir avec la logique de libre-échange total.

Nous devons mettre en place un patriotisme économique intelligent pour lutter contre le dumping environnemental et social. L’Union Européenne, premier marché du monde, obligera ses concurrents à se mettre de facto à son niveau d’exigence environnementale et créera un cercle vertueux. Ayons aujourd’hui le courage politique de l’enclencher.

La philosophie générale de ma proposition est simple : détaxer la proximité pour réduire les émissions liées au transport. Il s’agit d’encourager une production vertueuse et une consommation responsable en favorisant fiscalement la relocalisation.

La production locale permettra en priorité de sauver notre modèle agricole. En valorisant enfin nos productions locales de qualité, en particulier pour les marchés publics comme les cantines scolaires, nous pourrons rémunérer nos agriculteurs comme il se doit. Dotés de revenus suffisants et mérités, les agriculteurs poursuivront la transition qu’ils ont engagée vers la durabilité. Il faut aussi compter sur le génie de notre recherche agronomique pour offrir de nouveaux moyens pour sauver nos sols. Claude et Lydia Bourguignon ont brillamment démontré à quel point la dégradation de leur biodiversité menace notre souveraineté alimentaire.

Deuxième priorité, ce plan visera la dépollution totale des transports et de la production énergétique. La France est déjà l’un des pays développés qui émet le moins de CO2 par habitant grâce à ses réacteurs nucléaires et ses barrages, permettant de produire une électricité largement décarbonée. L’objectif est aujourd’hui de décarboner le logement et les modes de transport. Dans les métropoles, des investissements massifs devront permettre d’améliorer les transports publics pour que cesse les difficultés indignes que rencontrent les usagers chaque jour ! Sur le modèle de la Norvège, la France doit massivement passer à un parc automobile propre via de fortes incitations. Rappelons que la facture pétrolière est de 60 milliards d’euros par an ! Une France sans pétrole est donc non seulement un objectif réalisable à 20 ans mais souhaitable pour améliorer le pouvoir d’achat.

Il s’agit aussi de protéger la santé de nos enfants et de nos proches. La pollution est la première cause de maladies respiratoires et une cause inacceptable de morts prématurés. Les perturbateurs endocriniens et certains polluants chimiques mettent en cause le développement des plus fragiles et multiplient les risques de maladie. Bien sûr, les progrès scientifiques ont considérablement amélioré nos conditions de vie mais nous devons avoir confiance dans la recherche pour préserver les avantages de tout ce que nous avons accompli tout en diminuant les risques.

Enfin, le plan insistera sur l’arrêt de l’artificialisation des sols en France. Disparition d’espaces naturels, dépendance à la voiture et désertification des centres villes liée aux fermetures de petits commerces et de lieux de vie : les conséquences de l’étalement urbain sont une catastrophe écologique en plus d’être destructeur de lien social. Opération immobilière devenue le symbole du consumérisme triomphant, je me bats depuis des années pour faire annuler le projet EuropaCity de Gonesse, centre commercial d’un autre âge qui prévoit de couvrir de bitume les terres les plus fertiles de France. Nous devons de toute urgence sanctuariser les espaces non-bâtis existants et étendre les réserves naturelles terrestres et maritimes existantes.

Relocalisation, dépollution et sanctuarisation : la révolution écologique devra s’appuyer sur ces trois principes pour faire de la France un pays modèle de la transition écologique. Je le répète : ce n’est plus une option, c’est un devoir.