L’Union européenne nous protégerait de la guerre. Les européistes le proclament sans cesse. Est-ce si sûr aujourd’hui, alors que nous commémorons la capitulation de l’Allemagne nazie ?



Il est vrai que les Pères fondateurs de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) avaient vécu les deux conflits mondiaux et étaient donc à juste titre obsédés par la paix. En liant les économies et en normalisant les relations entre ses membres, la CECA croyait répondre à ce désir impérieux. Au reste, face à la menace soviétique, il est certain que l’OTAN était un rempart bien plus crédible que l’armée luxembourgeoise. D’ailleurs, dès 1954, la soumission de certains gouvernements continentaux aux Etats-Unis se manifestait sans fard dans le projet de Communauté européenne de défense (CED). Notre parlement l’avait fort heureusement rejeté. Et si les chars russes n’ont jamais déferlé sur Paris, c’est moins grâce aux belles paroles de certains idéalistes héritiers des Munichois que, en plus des missiles américains, à la force atomique créée par le général de Gaulle. Militairement, hormis la France et la Grande-Bretagne, aucune nation européenne ne s’est donnée les moyens de répondre aux périls du dehors. C’est toujours le cas. L’une des raisons jamais évoquée de l’excellente santé des finances allemandes, c’est que Berlin consacre seulement 1,3% de son PIB à sa défense contre 1,8% pour Paris. Pour lutter contre le terrorisme islamique en Afrique, nos soldats sont bien seuls. Pour leur sécurité, plutôt qu’à eux-mêmes, nos « partenaires » préfèrent s’en remettre à Washington.



Mais il n’y a pas que l’ennemi extérieur qui inquiète. Il y a également le fonctionnement de l’UE. En privant, traité après traité, les nations qui la composent du droit de disposer d’elles-mêmes, elle est à l’origine de crises économique, démocratique et culturelle.



Les élargissements successifs ont fait le lit d’une concurrence déloyale entre nations pourvues de modèles sociaux-économiques trop différents. Les pays les plus développés, à l’instar du nôtre, financent via les subventions de Bruxelles l’industrie et l’agriculture des autres. Le dumping social est généralisé. En interdisant aux Etats d’investir dans leur économie, l’Union européenne livre ses grands groupes aux OPA du monde entier. Nous ouvrons nos portes à toutes les importations tandis que les autres taxent fortement tout ce que nous exportons. Voilà le triste idéal des européistes : faire de l’Europe un hypermarché. A leurs yeux, les peuples sont des consommateurs avant d’être des citoyens.



Le traité de Maastricht a fait primer le droit communautaire sur les droits nationaux. Il a en outre doté l’UE d’institutions qui, renforcées par le traité de Lisbonne, réduisent les chefs de gouvernement au statut de gouverneurs et les parlements à celui de chambres d’enregistrement. La souveraineté est passée des nations à Bruxelles. Cette dérive, les peuples français et hollandais ont tenté de la stopper en 2005. On sait la suite… La conception que la technocratie européenne et ses supplétifs se font de la démocratie est la suivante : soit sous souscrivez à nos desseins, soit nous vous les imposons. Le pouvoir national est devenu impuissant. Le moindre projet de loi nécessite d’obtenir l’aval de Bruxelles en amont.



Enfin, l’UE ne sait pas qui elle est. Il faut se souvenir qu’en 2005, les rédacteurs du projet de constitution avaient refusé d’évoquer nos racines chrétiennes dans le préambule de ce texte imbitable. Le processus d’adhésion de la Turquie se poursuit. Depuis 2015, la gestion lamentable des vagues migratoires venues d’Afrique et du Moyen-Orient montre l’incapacité de Bruxelles à protéger nos frontières. Derrière celles-ci, il y a des cultures anciennes et fragiles que l’immigration met au supplice. Tandis que l’islamisme croît partout en Europe, nos élites préfèrent nier ce phénomène quand elles n’accusent pas d’une façon orwellienne ceux qui osent le dénoncer d’en être responsables. Notre modèle républicain souffre des attaques conjuguées d’immigrés désireux d’imposer leurs mœurs et de belles âmes habitées par une pathologique haine de soi.



En niant le sentiment national, en suivant servilement la feuille de route mondialiste, en imposant une immigration de masse, l’UE produit de terribles tensions dans chaque pays. Plutôt que de s’amender, l’oligarchie au pouvoir jette l’anathème sur les « populistes » suspects de trop écouter ce que leur disent leurs concitoyens. La prison bruxelloise risque d’imploser sous la pression des Européens qui n’en peuvent plus d’être traités de la sorte.



L’Europe actuelle nous mène au désastre. Elle doit rendre le pouvoir qu’elle a volé aux peuples. Pour que la France soit à nouveau prospère et souveraine, je propose notamment :



La suppression de la directive sur les travailleurs détachés et de ramener contre contribution au budget européen à son montant de 2002, c’est-à-dire 2 milliards d’euros contre 11 aujourd’hui.



La réforme de la Commission en un simple secrétariat général et la sujétion de la BCE et de la CJUE aux Etats membres.



Le rétablissement des frontières nationales et le renvoi de tous les demandeurs d’asile déboutés.



Ainsi, nous allons remplacer l’Europe oligarchique par celle des nations libres. Chacune de ces dernières pourra s’associer à d’autres pour mener de grands projets industriels ou technologiques. C’est cette Europe-là, légère et pragmatique, que je veux rebâtir avec les Français et les 23 partis alliés de Debout la France. L’occasion est historique. Il faut la saisir le 26 mai. Recouvrons enfin l’espoir d’une France florissante et apaisée dans une Europe juste et raisonnable.