Heureusement 70 d’entre nous ont eu la lucidité et le courage de dire NON.

Les Français vont payer cher cette démission collective de leurs représentants.

Cela me rappelle le triste vote du traité d’Amsterdam en 1998. Je venais d’être élu et là aussi j’avais bataillé pour faire entendre raison à mes collègues.

Aujourd’hui, 14 ans plus tard, les Français voient les dégâts de la suppression des frontières et du transfert à Bruxelles de la politique de contrôle des flux migratoires.

Comme toujours les abandons de souveraineté ont des conséquences à moyen et long terme, alors que le temps politique est de plus en plus sous l’emprise du court terme.

En quittant l’hémicycle, je suis passé devant la fameuse fresque en bronze qui a été inaugurée pour le centenaire de la Révolution française et qui représente les élus du peuple formant la première Assemblée nationale.

Qu’avons-nous fait de leur audace, de leur courage, de leur sacrifice ?

Deux siècles plus tard, les Députés errent dans les couloirs, prisonniers de leur petite soupe politicienne et inconscients du forfait qu’ils viennent de commettre aujourd’hui.

Les représentants du peuple n’ont, en effet, pas le droit d’abandonner le pouvoir dont ils sont dépositaires temporairement.

Seul le peuple français pouvait, par référendum, renoncer après un vrai débat à notre démocratie.

Dans moins d’un an, les Commissaires bruxellois débarqueront au Palais Bourbon et dicteront leurs lois à ces Députés ébahis qui découvriront soudain qu’ils se sont amputés eux-mêmes, un certain 9 octobre 2012.

Plus que jamais, tout est à reconstruire : notre démocratie, notre Etat, notre République, notre Nation… Vaste programme !