Heureusement notre peuple, pétri d’une histoire millénaire, a une grande lucidité politique. Les Français au fond d’eux-mêmes ont tout à fait compris l’ampleur de la supercherie, pour ne pas dire de l’escroquerie sarkoziste. Il y a tout simplement tromperie, gigantesque tromperie sur la marchandise.

Au-delà du style de l’homme, de ses excès, nos concitoyens reprochent tout simplement au Président l’absence de résultats concrets, fatale conséquence du manque de cohérence de son action publique. Car le cœur du problème est bien là. Ces 4 dernières années se résument en un décalage saisissant entre les discours et les décisions, entre les annonces et les actes. Cette schizophrénie permanente a décrédibilisé la fonction présidentielle et ruiné la parole publique de Nicolas Sarkozy.

Ce qui explique tout naturellement qu’il peut dire des choses très justes sans pour autant reconquérir, en aucune façon, une opinion qui n’a plus confiance tant elle a été trompée, qui n’écoute même plus tant elle a été habituée à un verbe présidentiel sans aucune valeur. Deux exemples parmi tant d’autres.

Dans le domaine économique, d’un côté un discours permanent sur la compétitivité, l’adaptation à la mondialisation, la relance de l’emploi, la lutte contre les délocalisations, de l’autre une politique suicidaire par arrimage à l’euro fort et par soumission au libre échange intégral qui asphyxient nos entreprises, essorent l’emploi industriel, désertifient nos campagnes. A-t-on déjà vu un coureur cycliste grimper un col avec les freins serrés ? Tout le reste n’est que littérature.

Dans le domaine de la sécurité, qui était pourtant la marque de fabrique de l’ancien ministre de l’Intérieur avec, il faut bien le dire, une certaine réussite, l’incohérence est depuis 4 ans à son comble. D’un côté des discours martiaux, des lois à répétition, des visites éclair tous azimuts, d’un autre la suppression de 10 000 postes de policiers et gendarmes et un laxisme judiciaire - conséquence directe de l’extrême dénuement de la Justice - qui ne cesse d’empirer et que masquent de moins en moins les lois d’affichage annoncées tambour battant par le président lui-même.

Alors, bien sûr, la majorité peut s’enorgueillir de quelques réformes. Je pense notamment à l’autonomie des universités ou au service minimum. Mais la réalité est là, crue. Toute cette agitation au cours des 4 dernières années n’a pas permis d’obtenir des résultats car il manquait l’essentiel : la reconquête de la souveraineté de la France, c'est-à-dire une véritable marge de manœuvre institutionnelle et politique. En imposant aux Français malgré le référendum de 2005 le Traité de Lisbonne, en se soumettant à l’oligarchie financière, le Président ne pouvait pas obtenir le moindre résultat sur les deux fronts essentiels qu’il avait choisi dans sa campagne : le pouvoir d’achat et la sécurité.

Voilà pourquoi, d’ailleurs, les Français sont dubitatifs sur les projets de ses concurrents socialistes ou centristes en 2012, car eux aussi refusant de s’attaquer à un cadre qui empêche tout pouvoir d’agir en profondeur, risquent bel et bien, à leur tour, de se condamner à une vaine agitation à la surface des choses.

Dans une France qui se vide de ses emplois, qui se paupérise et qui se divise, il va de soi qu’une simple alternance ne résoudra rien et que les Français attendent une vraie alternative. Une alternative qui consiste à remettre le pouvoir au service des Français.

Remettre le pouvoir au service des Français, c’est s’affranchir de la tutelle extérieure, mondialiste (sortie de l’euro, protectionnisme raisonnable, rétablissement des frontières nationales) mais aussi se libérer de la tutelle intérieure exercée par les nouvelles féodalités, ces oligopoles privés de la banque, de la finance, de l’énergie, ou de la grande distribution…

S’affranchir de ces tutelles non pas pour se refermer sur soi mais tout au contraire, dans l’esprit du Conseil National de la Résistance, pour mettre en œuvre une politique offensive de reconquête économique et sociale, une politique de redressement de la France et de la République, dont le Pacte fondateur doit être d’urgence relégitimé.

Ce sera tout le sens de mon projet pour 2012 dont je présenterai, thème par thème, le détail au fil des prochains mois.