Qui pourrait croire qu’en 2014 un hôpital public, bénéficiant d’une qualité de personnel reconnue de tous et d’équipements pour moitié flambants neufs avec l’ouverture du « Pôle Femmes Enfants » les plus modernes de notre pays, puisse être confronté à des désordres inacceptables.

Sur près de 2000 agents qui y travaillent, il n’y a soi-disant pas de poste disponible pour assurer tout simplement la sécurité de l’établissement. Agressions graves sur des infirmières, vols avec violence répétés, présence dans les couloirs et dans les chambres d’éléments extérieurs, incidents permanents aux urgences, vols de voitures sur les parkings, sans parler même des 6 ou 7 SDF qui vivent à plein temps dans l’hôpital.

Les agents hospitaliers sont à bout. Beaucoup d’entre eux viennent travailler la peur au ventre et rien n’est fait. Faut-il attendre un accident grave pour réagir ?

Dans ma discussion de ce matin avec le personnel, j’ai pu constater à quel point le service public s’était résigné à accepter l’inacceptable. Des médecins ou des infirmières m’expliquaient qu’ils étaient habitués à se faire insulter. Un des directeurs a même osé me dire « la société est violente, que voulez-vous que l’on y fasse ? Nous sommes là pour soigner, pas pour faire la police ».

Ce que ne comprennent pas certains dirigeants, c’est qu’à force de laisser tout faire, la réputation même de l’hôpital est atteinte alors même que la qualité médicale est excellente et l’absentéisme des personnels explose.

Contrairement à ce que semble croire la direction, cela ne coûterait pas un centime de reprendre en main la situation, de filtrer les entrées, de refuser de prendre en charge ceux qui vous insultent et d’appeler au respect du service public.

Imagine-t-on un instant aux Etats-Unis, en Allemagne, au Japon et même en Chine une telle situation ? On comprend dès lors ce climat défaitiste et résigné qui règne dans notre pays puisque ceux qui sont en responsabilité ont totalement démissionné dans leur tête.

Les Français ont beaucoup de chance de pouvoir bénéficier d’un service public de soins gratuits et de qualité. Il doit être respecté. La République ce n’est pas le désordre permanent !