Loin de moi l’idée, bien sûr, d’inciter nos concitoyens à abattre leurs agresseurs. Dans un Etat de droit, c’est à la Police d’arrêter les délinquants et à la Justice de les condamner dans le calme et la sérénité.

Il faut cependant comprendre où nous en sommes aujourd’hui après des années de laxisme judiciaire qui a favorisé l’impunité totale des braqueurs en France.

Les bijoutiers vivent dans la terreur. Le nombre de braquage a été en constante augmentation. Certains y ont même perdu la vie.

Dans le département de l’Essonne que je connais bien, les bijoutiers ont, la plupart d’entre eux, fait l’objet de braquages répétés. Ils se sentent en permanence épiés et ne souhaitent qu’une chose : partir à la retraite le plus vite possible.

Comment s’en étonner quand on apprend, au détour de jugements, la mansuétude des tribunaux par le jeu une fois de plus des remises de peine.

Quand les délinquants sont arrêtés et condamnés, ils passent en général moins d’un ou deux ans en prison. On peut citer aussi bien sûr, le nombre de premier délit où le voyou est condamné à moins de deux ans fermes qui sont immédiatement transformés, en vertu de la loi Dati de février 2009, en peines alternatives, c'est-à-dire rien du tout.

Ce que vivent les bijoutiers, bon nombre de Français le ressentent au quotidien.

Hier, en fin d’après midi, où je visitais un quartier dit difficile de ma circonscription, une femme en pleurs m’attendait à la sortie d’un café. « Monsieur, je ne peux plus vivre ici, c’est un enfer. Nous sommes en permanence insultés, menacés par des petits trafiquants qui se croient tout permis ».

Une voisine alors me raconta : Assistante maternelle, elle garde des enfants et il y a quelques jours, les parents n’ont pas pu venir les chercher à l’étage en fin de journée car une bande de trafiquants squattait le hall d’immeuble. Elle aussi les larmes aux yeux, m’explique que l’année prochaine, elle risque de perdre son boulot car plus aucun parent ne voudra lui confier ses enfants.

Dans un autre quartier de la même ville, samedi soir une voiture a joué les auto-tamponneuses dans le parking de la résidence HLM. 12 voitures ont été totalement saccagées. Leurs propriétaires ne pourront pas partir en vacances et quand la Police est venue, elle leur a dit : on les connaît bien mais on ne peut rien faire car sitôt arrêtés, sitôt relâchés !

Je pourrais aussi citer dans une autre ville de ma circonscription, un petit groupe de trafiquant de drogue qui nargue la population à un arrêt de bus et dont les affaires prospèrent.

Soyons clairs, cette impunité générale ne date pas d’aujourd’hui. La défaite de l’UMP s’explique aussi par le ras le bol de nos concitoyens à l’égard du fossé entre le discours sécuritaire et la pratique laxiste. Mais, le comble, c’est que le nouveau gouvernement semble revenir aux vieux démons socialistes.

Quand je pense que la chancellerie étudie la suppression des peines plancher (qui certes n’avaient pas été appliquées avec fermeté), je me dis que vraiment nos dirigeants quels que soient les gouvernements sont sourds et aveugles à la détresse des classes populaires qui subissent de plein fouet la loi de la jungle.

Et pourtant, on sait très bien ce qu’il faut faire. J’ai détaillé 100 fois pendant la campagne présidentielle un plan d’ensemble qui permettrait de ramener le calme dans notre pays en reconstruisant l’Etat régalien.

Actuellement l’urgence est de recruter 10 000 policiers et gendarmes, remettre un contrôle à nos frontières pour stopper le trafic d’armes de guerre, abroger la loi Dati sur les remises de peine automatiques, et ouvrir 20 000 nouvelles places de prison.

Là aussi, le besoin d’une autre politique n’a jamais été aussi urgent. Puisque le changement n’est vraiment pas pour maintenant, il faut préparer maintenant le vrai changement !