J’ai pu constater la soif d’engagement de jeunes étudiants, salariés ou fonctionnaires, qui ont pris sur leurs vacances pour effectuer une formation intensive d’entraînement de 15 jours. Exercices sportifs, enseignements théoriques, apprentissage des techniques de combat, entraînements au tir…

Au terme de ces deux semaines en internat, ces volontaires pourront effectuer entre 5 et 90 jours de renforts comme gendarmes avec le même uniforme et le même armement.

Bien sûr, tous les élèves présents ne recevront pas le brevet leur permettant d'être opérationnels. Pour autant, c’est un sacré défi pour la plupart d’entre eux qui, dès le mois d’août, patrouilleront sur les routes de France pour assurer notre sécurité.

Les attentats, qui ont secoué le pays, ont accru le nombre des demandes qui ne peuvent d’ailleurs pas toutes être remplies. Leur motivation, leur droiture et leur volonté de servir sont un encouragement pour nous tous.

Pour autant, ne prenons pas nos désirs pour des réalités si l’on veut, comme je le proposerai dans mon projet présidentiel, passer à une réserve de 100 000 personnes, soit l’équivalent de 10 000 emplois temps plein (chaque réserviste donne une moyenne de 20 jours à la Nation), et ainsi constituer une réelle Garde Nationale.

Il va falloir renforcer les budgets et les personnels de formation de nos armées et réfléchir à un complément de formation annuel qui permette à chaque jeune d’être bien préparé.

Tout cela révèle qu’il y a un monde entre les belles paroles à la télévision, et la réalité des actes qui devrait suivre.

Je ne souhaite pas non plus à terme la naissance d'une force de l'ordre "low-cost" avec des réservistes qui remplaceraient des gendarmes actifs, bien mieux formés (presqu'une année d'école). Ils doivent rester des appuis indispensables.

Cet après-midi était tout à fait symbolique de l’état de notre pays : d’immenses ressources dans le peuple français, un sens du service des autres dans l’encadrement de nos armées, des prises de conscience salvatrices à la suite des attentats, même chez nos dirigeants, mais aussi, malheureusement, une tendance à communiquer sans un suivi cohérent.

Je repars aussi de cette journée plus que jamais convaincu de la nécessité de mettre en œuvre le service national, civil et militaire, qui donne des repères à la jeunesse, mais certain aussi que la mise en œuvre de ce service de trois mois sera laborieuse et exigera de la part de tous un effort considérable.