Hélas, il n’en est rien, ainsi que la preuve m’en a été rapportée tout dernièrement encore à travers le cas d’une centrale solaire d’Aquitaine. A Arsac, plus précisément, au nord de la Gironde, où a été implantée une ferme photovoltaïque sur quelque 160 hectares.

Accrochez-vous : la société qui porte le projet, une société française, a doté son parc de panneaux solaires made in China, ce qui est une double aberration compte tenu, d’une part, de la nécessité de défendre le secteur national du photovoltaïque et, d’autre part, de la qualité hasardeuse des matériels chinois.

Lorsqu’on se souvient des efforts et des moulinets faits par notre ancien ministre de l’Industrie pour sauver le secteur français du « désastre », on se pince face à l’inertie manifeste des pouvoirs publics et des acteurs de la filière, qui auraient dû se mobiliser pour permettre à l’industrie nationale de l’emporter : question de rentabilité en tout état de cause, mais aussi de bon sens et, tout simplement, de courage !

Mais ce n’est pas tout : cette même société française fait encore plus fort. Elle a confié l’installation de son parc à une entreprise allemande qui elle-même emploie… des travailleurs détachés hongrois ! Lesquels se verraient pratiquer des conditions de travail et de salaire peu conformes aux « garanties » européennes pourtant inscrites dans la nouvelle directive de l’année dernière : ceux-ci travailleraient 6 jours sur sept, à raison de 11 heures quotidiennes, pour une rémunération horaire de 2,2 € (le SMIC hongrois s’établissant à 344 euros) !

Au-delà de la situation de fraude très plausible que charrie cette nouvelle affaire de travailleurs détachés, comment ne pas voir l’essentiel : la perte de savoir-faire pour les travailleurs de l’industrie française, qui a besoin comme jamais de se mobiliser dans l’innovation et les secteurs d’avenir.

Ce triste exemple, dont nous savons tous très bien qu’il est loin d’être isolé - Bercy avance le chiffre « minimum » de 300 000 travailleurs détachés non-déclarés en France -, est une illustration supplémentaire du naufrage économique et politique auquel nos gouvernants égarés, de droite comme de gauche, ont petit à petit condamné notre pays. Voilà où mène concrètement cette prétendue « Europe », ce néant fédéraliste doublé de l’authentique démolition des acquis nationaux.

Alors bien sûr, je le répéterai de nouveau ici : il est urgent d’abolir une fois pour toutes la directive bruxelloise sur le travail détaché. Mais surtout, il est plus qu’urgent que le flot grossissant des Français qui nous rejoignent se fasse plus massif encore : Debout la France, et vite !