Nous en avons eu un nouvel exemple voici une semaine. Devant le Parlement Européen en séance plénière, le député grec Notis Marias, du groupe ECR, s'exclamait : « Le secteur militaro-industriel fait la fête ». Et pour cause, l'Union Européenne était sur le point, avec l'aval du Parlement et de la Commission, d'obtenir l'autorisation d'investir dans le secteur de la défense et de l'armement pour le profit des industriels allemands.

Sur le papier, la France pourrait se réjouir que la Commission souhaite allouer 20 milliards d'€ dans le budget 2021-2027 pour soutenir l'économie de la défense ou le déploiement et les applications militaires du programme aérospatial Galileo.

En réalité, les Sociaux-Démocrates, le PPE et l'ADLE (soit les alliés du PS, de LR et du MoDem) se sont rassemblés pour adopter le rapport de l’eurodéputé Les Républicains Françoise Grossetête rendant un avis favorable à cette décision. Tous les autres groupes, dont les eurosceptiques, se sont opposés à un texte qui aura au moins le mérite de mettre un terme au mensonge de « L'UE c'est la paix ».

Sous couvert de défendre l'innovation et l'investissement, l'Union Européenne va en réalité financer l'effort de guerre allemand au détriment des programmes militaires menées par certains pays européens comme la France.

L’Allemagne étant incapable d’honorer ses engagements envers ses alliés militaires, elle a réussi à utiliser l’Union Européenne pour que tous ses partenaires financent l’effort de guerre américain.

Une vraie politique de coopération européenne devrait au contraire de rompre avec l'alignement systématique sur les Etats-Unis et la dépendance militaire à l'OTAN grâce à des projets entre nations européennes volontaires sur les technologies de l'armement. Il est en effet vital de mutualiser la recherche et le coût de programmes ambitieux afin de développer de nouvelles technologies.

Là où l'imposture prend forme, c'est quand on apprend par la presse spécialisée et allemande que cet argent va en fait servir les intérêts de Berlin au détriment de la France ! Une partie importante du fond pourrait servir à financer et relancer la gabegie du programme de développement de l'avion de combat Eurofighter Typhoon au détriment du Rafale français.

Contrairement à ce qu'indique son nom, l'Eurofighter n'est pas européen, mais avant tout allemand et anglais. C'est un échec technique et un gouffre financier ! En 2011, la Royal Air Force avait ainsi dû diminuer le nombre d'appareils commandés, car le coût unitaire avait explosé de 75 % à 275 millions d'euros soit le double d'un Rafale avec une qualité moindre et un retard de livraison de 7 ans. En réalité, la presse spécialisée nous informe aussi de la volonté allemande de transformer l'Eurofighter en cheval de Troie américain pour affaiblir le Rafale. L'Allemagne, qui fait le choix de l'Eurofighter pour remplacer sa flotte aérienne, a ainsi entamé ces derniers jours des démarches avec Washington pour doter l'Eurofighter de la capacité de transport d'armes nucléaires dans le cadre de la politique de défense de l'OTAN.

C'est-à-dire que non seulement l'Allemagne compte utiliser une partie des fonds pour relancer l'Eurofighter Typhoon et ainsi provoquer une concurrence déloyale institutionnalisée au Rafale, qui est pourtant plus performant et qui a été à l'épreuve du combat (l'Eurofighter n'a pour l'instant jamais servi en opération militaire), mais en plus l'Allemagne court à Washington pour demander l'homologation de l'Eurofighter pour le transport et l'usage d'arme nucléaire dans le cadre de la stratégie de dissuasion de l'OTAN. Depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump qui a refusé que les Etats-Unis continuent de payer pour la défense allemande, Angela Merkel multiplie les actions en faveur d'une soi-disant « Europe de la Défense » mais toutes les mesures prises et annoncées ne font que servir à réduire la facture de la Défense allemande en absorbant les financements européens, en transférant les coûts à ses voisins et en renforçant la mainmise de l'OTAN sur la défense européenne.

La France ne doit plus participer à cette mascarade qui coûte cher aux contribuables français, affaiblit notre défense nationale et nos industries souveraines !