Tout d’abord, Nicolas Sarkozy est complètement décrédibilisé. Il n’a jamais habité sa fonction. L’incohérence de sa politique est à la mesure de son agitation. Nos compatriotes, tout simplement, n’en peuvent plus de lui.

L’aveuglement des dignitaires de l’UMP à son égard est porteur de graves désordres. Et ce n’est pas faute de les avoir prévenus !

Mais, il serait faux de croire que la personnalité de Nicolas Sarkozy est la seule cause du malaise général. Le mal français est beaucoup plus profond et c’est le second enseignement de ces sondages.

Si aucun dirigeant politique n’émerge, malgré leur exposition médiatique permanente de Dominique Strauss Kahn à Martine Aubry, en passant par Dominique de Villepin et François Bayrou, c’est bien parce qu’ils ont cautionné et ne veulent pas remettre en cause les choix politiques fondamentaux du pays depuis près de 20 ans.

Les Français n’en peuvent plus en effet de la politique de démission nationale menée depuis 1983.

En abandonnant notre liberté monétaire, en supprimant les frontières, en soumettant la PAC à l’OMC, en transférant toujours plus de pouvoir à Bruxelles, les dirigeants français se sont condamnés à l’impuissance. L’absence de résultats concrets sur les fronts de l’emploi, de la sécurité, de l’immigration, est la conséquence directe de cette amputation politique sans précédent.

Le point d’orgue a été bien sûr le viol du peuple français par l’adoption, par voie parlementaire du Traité de Lisbonne, copie conforme du projet de Constitution européenne rejeté par référendum.

Les faits sont têtus : accélération des délocalisations, détricotage des services publics, évaporation de toute politique industrielle. Sciant la branche sur laquelle ils étaient assis, nos dirigeants politiques sont devenus les figurants d’un vaisseau ivre qui dérive au gré des vents.

On comprend dès lors que malgré la pire présidence de la Vème République, le PS ne séduise pas. Comment nos compatriotes pourraient-ils faire confiance à un PS qui adule Dominique Strauss Kahn celui qui impose la récession à Athènes et joue les vedettes invisibles et mystérieuses à Paris ?

En vérité, nos concitoyens ont bien compris la contradiction permanente entre les discours des uns et des autres et leur incapacité totale, faute de la moindre marge de manœuvre, à agir au service de la France et à défendre les intérêts des Français.

L’avance de Marine Le Pen n’est donc que la conséquence de cet effondrement d’un système à bout de souffle. Toute la question est maintenant de savoir si ce sont Marine Le Pen et le FN qui peuvent résoudre les problèmes du pays, uniquement sur le crédit de ne pas avoir participé depuis 30 ans à l’abandon par la classe politique de tous les pouvoirs au profit d’intérêts supranationaux ou purement financiers.



Je ne le crois pas. Pour une raison très simple. Pour redresser la France, reprendre notre liberté en Europe, rendre le pouvoir aux Français, tâche titanesque, il ne faut pas commencer en divisant nos concitoyens. Il faut au contraire les rassembler, créer les conditions d'un rassemblement républicain plus large si nous voulons que les idées de bon sens patriotique et social l'emportent dès 2012.

Ce rassemblement de tous les français implique notamment de ne tolérer aucun amalgame entre les immigrés et les français "récents". Car s'il faut stopper l'entrée des premiers sur le territoire national, il faut dans le même temps favoriser l'assimilation des seconds au sein de notre République.

C'est pourquoi je suis Gaulliste. Et c’est toute la différence entre le FN et nous.

En fait, Marine Le Pen porte une lourde responsabilité : elle va décevoir l'immense besoin de France et de valeurs dont les citoyens expriment le besoin au quotidien, et c'est tout l'objet de ma candidature en 2012.

Car en pratique Marine Le Pen et le FN doivent réaliser qu'ils restent aujourd'hui les meilleurs alliés du "système" qu'ils prétendent vouloir changer, puisque Marine Le Pen ne peut l'emporter au second tour d'une présidentielle ni face au candidat de l'UMP ni face à celui du PS !

Si le système - qui gère si mal mais se défend si bien - laissait un candidat comme moi accéder au second tour de la présidentielle, il signerait son arrêt de mort puisque je serais capable de rassembler contre le candidat de l'UMP comme contre celui du PS.

C'est d'ailleurs pourquoi les barons de l'UMPS s'accommodent si bien du FN, puisque c'est Marine Le Pen qui va leur permettre d'installer encore un peu plus un bipartisme pourtant nocif pour la démocratie.

Au moment où la France sombre dans le désordre et l'injustice, il y a donc plus que jamais besoin dans notre pays - dans la perspective de 2012 - d'un projet patriotique, républicain et social.