Après un an d’une irréversible dégringolade économique et sociale, le triste spectacle d’une Grèce aujourd’hui acculée à vendre dans la panique ses services publics et autres « bijoux de famille » pour faire croire à sa solvabilité, met cruellement en relief toute l’étendue de cette erreur.

Que restera-t-il à vendre après ? Des îles, des vestiges antiques, les symboles nationaux comme le Parthénon ? « La liberté ou la mort » proclamait pourtant la devise de la République hellénique…

Après avoir prétendu sauver la Grèce par d’effarantes politiques de déflation dont on connait pourtant les effets catastrophiques depuis la Grande crise des années 1930, voilà maintenant les dirigeants et banquiers européens qui réclament son pillage, sa vente par morceaux, pendant qu’il en est encore temps.

Mais ce n’est pas ce pays qu’ils veulent sauver, c’est une monnaie unique à bout de souffle et un système bancaire reposant tout entier sur « l’arnaque de l’euro », comme je l’ai décrit dans mon dernier livre. Cela ne marchera pas plus aujourd’hui qu’il y a un an car on ne résout pas une crise de surendettement par un endettement supplémentaire, prohibitif de surcroît, ce en empêchant toute dévaluation monétaire, seul moyen connu dans l’histoire pour rétablir la compétitivité et la solvabilité d’un pays au bord du défaut.

Depuis un an, les « sachants » de Bruxelles nous ont successivement assurés qu’il n’y avait pas de problème en Grèce, pas de difficulté en Irlande, pas de crise des dettes souveraines en Europe puis de l’euro, pas de besoin du Portugal en plan de soutien et, enfin, qu’il n’y aura pas de restructuration de la dette grecque. Cet ultime mensonge étant, à son tour, sur le point de tomber, il n’est que temps de saisir la dernière chance d’une sortie organisée de l’euro.