Tout d’abord, il est piquant de voir Hollande accuser les défenseurs de la souveraineté nationale de travailler au déclin de la France, d'être des "déclinistes", alors même que ceux-ci dénoncent à juste titre le déclin où nos gouvernants complices de l'européisme ont enfermé la France depuis des années – cause première de la montée du vote protestataire. C'est le monde à l'envers, ni plus ni moins !

Car que reste-t-il de la France après les trois ans calamiteux de pouvoir socialiste ? La croissance en berne, les impôts qui battent tous les records, le chômage à un plus haut historique, l’industrie dévastée, l’économie français déclassée, la France abaissée et soumise à l’Allemagne par « discipline européenne »… Qui est donc décliniste Monsieur le président de la République, ceux qui dénoncent le déclin, le vôtre, ou ceux qui, comme vous sous les ors du pouvoir, l’accompagnent voire l’impulsent ?

En réalité, François Hollande joue les prophètes de malheur pour ne pas avoir à répondre de son propre bilan. Critiquer le virtuel, brandir des peurs imaginaires, pour ne pas affronter le réel : et voilà une fois encore que resurgit la grosse ficelle de la pensée unique à l’œuvre depuis près de 25 ans et qui, décidément, mérite d'être combattue sans aucune faiblesse.

Pourquoi, indépendamment de l’intention polémique, une telle rhétorique ? Comme toujours, pour enfoncer le clou sur le cercueil d’une France soi-disant devenue « trop petite » pour continuer à être indépendante. Comme toujours, on allègue la prétendue faiblesse de notre pays pour tenter de justifier l’injustifiable, à savoir le transfert de sa souveraineté nationale à une autorité lointaine, non-élue et hors de toute atteinte démocratique.

On en vient ainsi au second mensonge du président, au moins aussi grave que le premier, selon lequel la seule souveraineté qui vaille est celle soi-disant exercée au niveau européen. C’est bien entendu une énormité que dément chaque jour le réel, tant l’Union européenne, tiraillée entre des différences et des contradictions insolubles se révèle incapable ne serait-ce que parler d’une même voix.

On ne compte plus en effet les questions innombrables où l’absence de communauté de vues aboutit à la plus lamentable impuissance, une impuissance bien pire en termes de résultats pour notre pays que lorsqu’il exerçait seul sa propre souveraineté, sous le contrôle démocratique de son peuple.

L’Europe sociale promise depuis le référendum de 1992 sur Maastricht ? Jamais aperçue à l’horizon ! L’harmonisation fiscale pour empêcher la concurrence déloyale du même nom ? Une intention creuse ! L’Europe de la libre circulation des travailleurs ? Au moins 300 000 travailleurs « low-cost » supplémentaires en France ! L’Europe des frontières extérieures ? Une vraie passoire doublée d’une machine à exporter à l’Ouest les problèmes de l’Est ! Nos intérêts commerciaux mieux défendus ? Des traités de libre échange déloyaux avec le Canada et bientôt les Etats-Unis ! L’euro pour tous ? Une monnaie unique à l’allemande pour l’Allemagne qui nous ruine à petit feu ! Etc.

Même les rares fois où elle parvient à agir, l’UE le fait trop peu, trop tard ou mal : ainsi en va-t-il des sanctions contre la Russie et du soutien irresponsable à l’Ukraine, de la petit politique de relance entreprise par la BCE, ou encore de la lutte contre les perturbateurs endocriniens,…

L’exercice en commun de la souveraineté, cette soi-disant souveraineté européenne qui relève davantage d’un mauvais concert diplomatique entre Etats européens, est donc impuissant, inefficace ou moins-disant. Cette souveraineté européenne n’est donc que virtuelle, elle n’existe pas mais, pire encore elle ne peut pas exister car il n’existe aucun peuple européen à la cohésion et à la substance suffisantes dont elle serait l’émanation. La souveraineté européenne est ainsi une pure vue de l’esprit, une figure de style théorique, une utopie purement abstraite.

Au lieu de brandir des peurs imaginaires et de chercher à nous bercer de chimères sans lendemain, ne serait-il pas temps pour François Hollande de revenir sur terre et, enfin, d’assumer sérieusement la souveraineté nationale dont les Français lui ont confié l’exercice ?