La situation de la viande est identique. Nos éleveurs font face à la concurrence déloyale des producteurs allemands, espagnols ou polonais, qui pratiquent des politiques sociales et salariales inexistantes, via notamment l'emploi d'une main d’œuvre de travailleurs détachés surexploités pour des salaires de misère. De nos jours, de très nombreux producteurs laitiers travaillent à perte. En réalité, le modèle construit par ceux qui nous gouvernent alliés à la FNSEA ne profite qu’aux grandes exploitations, aux grandes entreprises et aux grands producteurs.

Michel Barnier, Bruno Le Maire, puis Stéphane Le Foll ont successivement capitulé au Conseil des Ministres européen en acceptant la suppression du prix garanti du lait et des quotas, provoquant ce chaos. Ils sont tous co-responsables de ce désastre.

Manuel Valls et Stéphane Le Foll ont beau s’agiter et déplorer l’inaction de la Commission européenne, ce sont pourtant eux qui ont donné tous les pouvoirs à des technocrates qui ne connaissent en rien la spécificité de l’agriculture française !

L’agriculture française est en péril et avec elle, le savoir-faire des éleveurs, la richesse de nos paysages et la survie de notre tissu rural. Qu’attend le gouvernement pour prendre les mesures qui s’imposent ?

Après avoir maintes fois parcouru notre magnifique pays, j’ai la conviction profonde que le modèle agricole français, fait de petites et moyennes exploitations familiales, gage de qualité, peut et doit être sauvé.

Face aux cours très bas qui assèchent leurs trésoreries et entrainent la faillite d’exploitations agricoles, nous savons ce qu’il faut faire : réguler le marché, mettre fin à la concurrence déloyale et imposer la préférence communautaire.

Encore faut-il à la tête de l’Etat des hommes politiques courageux, qui bloqueraient temporairement les importations afin d’obtenir des négociations immédiates avec Bruxelles pour exiger le rétablissement immédiat des prix garantis planchers et la régulation de certaines productions comme le lait.

L’heure n’est plus au dialogue improductif, mais bien au bras de fer avec des idéologues qui ont érigé la concurrence déloyale en Europe comme le sacro-saint de notre politique agricole.

A Debout la France, nous considérons que l’instauration d’une exception agricole à l’OMC sur le modèle de l’exception culturelle doit être une priorité. L’agriculture ne peut se réduire à une seule bataille sur les prix. Elle doit remplir d’autres exigences que l’OMC ne lui reconnait pas : assurer l’indépendance alimentaire, garantir la sécurité des aliments, valoriser les territoires.

Les mesures que nous proposons sont tout à fait réalistes. Elles ont fonctionné pendant 30 ans en France et continuent d'être efficaces dans des pays comme le Canada ou la Suisse qui sont des pays pourtant profondément libéraux.

Il n'y a pas d'autre issue.