• La Syrie menace-t-elle la France ? Non, bien sûr.
  • La France souhaite-t-elle être l’alliée de la nébuleuse Al-Qaïda, qui semble-t-il a pris le leadership de la rébellion syrienne, alors que nous les combattons au Mali ? Ce serait incompréhensible.
  • La France et les Etats-Unis ont-ils la capacité d’envahir la Syrie par une opération terrestre comme l’a fait Bush en Irak ? Obama a clairement indiqué qu’il ne le pouvait pas et qu’il ne le voulait pas.
  • De simples frappes sont-elles de nature à affaiblir le régime d’Assad ou au contraire à ressouder sa population autour de lui ? L’exemple du passé a malheureusement prouvé que des frappes non suivies d’une intervention terrestre ne servaient pas à grand-chose, si ce n’est à intensifier la répression comme l’a fait Saddam Hussein après la 1ère Guerre du Golfe.
  • Cette intervention va-t-elle améliorer la situation ou la détériorer ? Il va de soi que l’entrée en guerre partielle de la France et des Etats-Unis contre le régime syrien va semer un peu plus le chaos dans le pays, renfoncer les fondamentalistes musulmans, mettre en danger la minorité chrétienne, consolider El-Assad et renforcer l’emprise de l’Iran et de la Russie dans la zone. Exactement l’inverse de ce que veut François Hollande.


En vérité, la solution à ce conflit est dans les mains de la Russie. Voilà pourquoi la France aurait été plus efficace pour lutter contre les atrocités tant du régime syrien que des rebelles si elle avait su garder une position indépendante. Nous aurions pu être au centre de gravité et permettre une issue politique avec un départ pacifique d’El-Assad.



La politique étrangère et de défense est une affaire trop sérieuse pour être gérée sous le coup de l’émotion sans connaître la réalité et la complexité du terrain. Je ne le sais que trop bien ; j’ai été 5 ans à la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale et je siège depuis 2012 à la Commission des Affaires étrangères.



Malheureusement, on ne peut pas intervenir partout dans le monde pour combattre toutes les atrocités qui peuvent exister. Le premier rôle du Président de la République est de défendre les intérêts des Français tout en portant nos valeurs. Nous n’avons pas vocation à devenir la police du monde sous les instructions de quelques philosophes de pacotille.



Une analyse approfondie de la question syrienne montre bien que la gesticulation française ne servira surement pas nos intérêts et qu’elle desservira en plus les valeurs que François Hollande dit vouloir défendre.