Car si, bien sûr, les Français ont compris que notre pays, à ce jour, s’est engagé à accueillir un nombre limité de migrants, ils n’en ont pas moins compris aussi que l’appel d’air, une fois enclenché, n’avait aucune raison de s’arrêter. Jusqu’à présent le gouvernement a refusé les quotas automatiques - c’est-à-dire un pourcentage appliqué à la masse des migrants, quel qu’en soit le nombre - réclamés par Berlin, mais combien de temps cette digue de sable pourra-t-elle durer ?

Car l’Allemagne prise au piège de sa propre irresponsabilité est désormais débordée par l’afflux de migrants qu’elle a elle-même suscité et réclame comme on pouvait s’y attendre « plus de solidarité » de la part de ses partenaires ! François Hollande sera-t-il vraiment en mesure de dire « non » à Merkel lorsque celle-ci lui demandera, lui imposera, bientôt d’accueillir davantage de monde ? La réponse est bien entendu incluse dans la question…

Surtout, pour mettre fin en catastrophe à ces arrivées massives qu’on n’a non seulement pas su - par manque de courage et excès de fausse générosité - prévenir à temps mais encore qu’on a encouragé, on se retrouve aujourd’hui à la merci des exigences de la Turquie, en position de force pour faire payer plein pot toute coopération sur le sujet. A tel point qu’on va encore aggraver la situation au lieu de lui trouver un début de solution !

En effet, cette nuit, l’UE a totalement capitulé face à la Turquie, lui accordant contre de vagues promesses de contrôle des flux migratoires sur son territoire, d’exorbitantes contreparties.

Tout d’abord, ce seront quelque trois milliards d’euros qui lui seront versés pour l’accueil des réfugiés sur son sol, sans qu’aucun autre « gros contributeurs », comme les Etats-Unis par exemple pourtant directement responsables de l’émergence de Daesh, soient mobilisés comme ils le devraient.

Ensuite, la Turquie va se voir accorder le statut de « pays d’origine sûre », qui va lever toute une série de freins dans son accès complet à l’espace Schengen.

Ce qui tombe à pic, me dira-t-on, puisque justement l’UE accepte d’accélérer la mise en œuvre de la liberté de circulation des ressortissants turcs en Europe. Celle-ci était envisagée début 2017, elle aura donc lieu avant, c’est-à-dire d’ici à quelques mois… Mais qu’on se rassure, François Hollande dans un incroyable accès de fermeté a exigé « des règles claires et des contreparties », dans le souci évident de prévenir un risque sécuritaire. Ouf, nous voilà rassurés !

Enfin, cerise attendue sur ce gâteau déjà si indigeste, la France et l’Allemagne ont accepté que de nouveaux chapitres soient ouverts dans la négociation d’adhésion de la Turquie à l’UE.

Quel résultat à attendre concrètement de cet activisme européen, sinon l’importation du chaos migratoire et sécuritaire turc dans nos pays et notamment en France ! Comme si pour réparer une fuite d’eau dans la cuisine, on décidait de noyer tout l’appartement !! Pour soi-disant résoudre la crise migratoire en Europe, quoi de mieux que la fuite en avant dans l’Europe passoire ? ! Voici une nouvelle illustration de la dialectique perverse de l’européisme qui, par dogme et orgueil mal placé, s’entête dans ses erreurs au lieu d’en tirer les leçons.

L’urgence du rétablissement des frontières nationales en Europe, seul moyen d’obliger des pays comme la Turquie d’assumer pleinement ses responsabilités sans pour autant en profiter pour s’adonner à un quelconque chantage, s’impose comme jamais.

La pétition nationale que j’ai lancée pour la tenue d’un référendum d’initiative populaire sur le rétablissement des contrôles à nos frontières suit son bonhomme de chemin. Rallier 10% des citoyens est un défi considérable, mais je suis confiant car le péril qui justifie cette mesure de salut public est tout autant considérable.