Les tenants du fatalisme libéral ne peuvent plus expliquer cette situation par la présumée obsolescence de certaines branches comme le textile ou l’électroménager. Ce coup de tonnerre frappe un fleuron de l’économie française, et montre la fragilité de notre tissu industriel. Depuis la fermeture du site de Billancourt de Renault voici 20 ans, aucun site automobile majeur n’avait connu pareil sort.

L’urgence s’impose ! La crise que traverse notre industrie ne peut se satisfaire de seules demandes de « concertation » formulées par le Premier Ministre ou des rodomontades de M. Montebourg et Mme. Touraine qui se paient de mots à défaut de pouvoir et de vouloir agir. Je ne m’attarderai pas sur les querelles mesquines qui s’échinent à désigner qui de l’UMP ou du PS est le plus coupable de leurs erreurs partagées au lieu de trouver des solutions pour les Français.

Pendant la campagne présidentielle, devant l’écho de nos propositions sur un protectionnisme intelligent, François Hollande avait esquissé une réflexion sur le « Juste échange ». Il faut passer aux actes ! Le mirage de la « réciprocité » évoqué lors du Sommet Européen est illusoire. Les Français n’ont pas besoin des gages de bonne volonté de la Chine ou des Etats-Unis, ils ont besoin de politiques qui les protègent et mettent un frein à cette concurrence déloyale catastrophique pour notre industrie.

Il faut sans délais rétablir nos frontières. Des frontières ni naïves ni aveugles mais des frontières aptes à protéger habilement nos produits, nos filières, nos emplois… Il ne s’agira jamais de protéger des rentes, mais d’établir des normes sociales et environnementales progressistes, interdisant que le commerce se nourrisse de l’esclavage moderne et du sacrifice de l’environnement.

La question du dumping social et fiscal en Europe est une autre question qu’il faut traiter sans délai. Nous ne pouvons plus tolérer des comportements non coopératifs de la part de certains de nos partenaires, qui détourne le projet européen au détriment des acquis sociaux et d’une prospérité commune.

Ces mesures d’urgence sont des préalables à tout autre projet industriel qu’il faudra par ailleurs mettre enfin en œuvre. La concertation sociale que le Président a ouverte au Palais d’Iéna avec l’ensemble des partenaires sociaux est sans doute une bonne chose. La nation a besoin de sérénité et de dialogue, et je ne veux préjuger des décisions qui seront prises au cours des prochains mois. Mais notre tissu industriel ne peut attendre les résultats d’un discours de la méthode, il a besoin de décisions courageuses et d’actes forts.

Le 14 juillet symbolise pour notre République le sursaut populaire et la concorde nationale, la révolte de 1789 et l’union de 1790. Voici revenu le moment du sursaut ! M. Hollande, faites preuve de courage et d’audace ! Changez le cadre économique dans lequel notre pays s’embourbe depuis 30 ans, sinon vous finirez comme votre prédécesseur. Le temps presse et nos concitoyens, à juste titre, ne supportent plus l’impuissance publique.