Comment en est-on arrivé là ? Dans ce jeu de rôle totalement déconnecté de toutes réalités, les mots ont perdu même leur sens.



Un Député, que je ne citerai pas, en écoutant le gouvernement répondre sur le prix de l’essence, me disait : « ils sont débranchés depuis déjà longtemps ». En fait, c’est tout à fait cela. A l’exception d’un Député communiste du Pas de Calais qui a posé une question avec ses tripes sur la misère qui progresse dans notre pays, il n’y avait aujourd’hui dans cet hémicycle aucun sentiment, aucune « représentation » au sens noble du peuple français.



Non pas que les individus soient tous mauvais, loin de là, simplement ils sont prisonniers d’un bipartisme structurel entre le PS et l’UMP qui se refusent à regarder les choses en face, à remettre en cause le système qu’ils ont bâti, à anticiper l’effondrement collectif économique et social qui nous menace.



Un autre de mes collègues en sortant de la séance, vient vers moi et me dit : « j’ai perdu tout courage. De toute façon, je ne me représente plus. Un guignol de gauche succèdera à un guignol de droite ».



Preuve s’il en était besoin de la désespérance de certains de ces femmes et de ces hommes lucides mais impuissants, qui pourtant ont été élus par le peuple français. Cette désespérance s’explique tout naturellement parce que le Parlement français est devenu un théâtre d’ombres, victime d’une triple dépossession.



Dépossession par le mode de scrutin qui exclut des millions d’électeurs. Dépossession liée à la prééminence de l’exécutif et à l’insondable mépris des membres du gouvernement pour la représentation parlementaire. Dépossession par le transfert des compétences essentielles au niveau européen.



Notre démocratie est totalement vidée de son sens et les Français au fond d’eux-mêmes l’ont compris. Que faut-il faire ? Baisser les bras, se résigner ou créer les conditions d’une alternative politique. Voilà la seule question qui vaille.



L’enjeu est évident. Il faut inlassablement, même si c’est difficile, convaincre nos concitoyens qu’il est tout à fait possible de résoudre nos problèmes si nous reprenons en mains les pouvoirs qui ont été confisqués. Il n’y a aucune fatalité à cette impuissance publique qui plonge le pays dans l’abîme.



Retrouver notre liberté monétaire, rétablir nos frontières, investir massivement dans la science et la technologie, rebâtir nos services publics, protéger la qualité de notre agriculture, redonner du sens à l’école publique, bâtir un nouveau contrat social avec la participation dans l’entreprise, rassembler les Français quelle que soit leur origine ou leur religion…



Il y a tant à faire dans notre pays à une et seule condition : reprendre le pouvoir.