Or si la Belgique fonctionne cahin-caha alors qu’elle n’a plus de gouvernement, cela veut bien dire que les gouvernements ne servent de nos jours plus à grand-chose. En effet en Europe ils ont tellement abandonné leurs compétences à des institutions supranationales qu’ils sont impuissants à régler les problèmes concrets de leurs administrés.

Impuissance ou absence de gouvernement, finalement, c’est équivalent.

La deuxième leçon à tirer est que cette carence de gouvernement semble bien arranger ceux qui gouvernent dans l’ombre, puisque de facto le Premier Ministre n’a plus de compte à rendre au Parlement, ce qui le met "à l'abri des humeurs du Parlement" - et donc de la démocratie !

Monsieur Leterme qui expédie aujourd'hui les affaires courantes en Belgique l’avoue sans fard dans la presse ce matin : c’est plus simple pour lui. On croit rêver !

Puisque les Flamands et les Wallons ne sont pas d'accord sur tout, autant décider à leur place. Lorsqu'on voit de quelle façon sont prises les décisions à l'échelle de l'Union Européenne, on peut craindre que ce soit le même genre de logique qui est à l'œuvre : une sorte de despotisme soit disant éclairé pour ne pas s'embêter avec les exigences souvent contradictoires des différents peuples.

Bien évidemment tout ceci constitue une preuve par l’absurde de l’urgente nécessité de rétablir de vrais gouvernements qui gouvernent.

L’impuissance publique généralisée de la démocratie occidentale nourrit la colère populaire et, obligatoirement, un jour ou l’autre, la politique reprendra ses droits.

La question clé de notre époque qui sera d’ailleurs l’enjeu de 2012 en France est bien le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et donc la démocratie, qui ne peut s'exercer de façon réaliste et raisonnable que dans le cadre national.

C’est tout le sens de mon combat.