Tout d’abord, la carte de séjour, actuellement renouvelable par période de un an, sera délivrée pour une durée de quatre années consécutives, réduisant à rien l’effet probatoire et révocable de l’ancien dispositif. De plus, comment imaginer que les autorités pourront rester vigilantes pendant quatre ans sur le comportement de personnes censées prouver leur volonté d’intégration ? C’est tout bonnement impossible et il est fatal qu’elles s’en désintéressent désormais…

S’ajoute à cela la régularisation automatique de tout clandestin atteint d’une « maladie d’une exceptionnelle gravité », notion des plus floues qui est la porte ouverte à tous les abus et détournements, d’autant plus que ce sera désormais aux autorités, lorsqu’elles voudront s’y opposer, d’apporter la preuve que le motif médical n’est pas fondé…

Enfin, comme si cela ne suffisait pas, cette loi décidément bâtie en dépit de tout bon sens supprime la faculté pour les Préfets d’ordonner des périodes de rétention administrative de cinq jours consécutifs. Désormais, passés deux jours de rétention seule la décision d’un juge des libertés peut prolonger celle-ci. Concrètement, cela signifie que les décisions d’expulsion, déjà appliquées à hauteur de 25% seulement, ne pourront plus du tout être suivies d’effet car, matériellement, il n’est pas possible d’organiser un départ contraint du territoire dans un laps de temps si court. Or, les juges des libertés se montrent d’expérience très réticents à prononcer la rétention administrative de clandestins qui n’ont pas commis de crimes ou de délits, l’immigration irrégulière n’étant pas du tout à leurs yeux un manque de respect de la loi justifiant que la Justice fasse son devoir…

Ainsi, Manuel Valls et François Hollande montrent un visage officiel de fermeté sur les questions de la déchéance de nationalité et du refus de l’accueil massif des migrants, mais c’est en réalité pour mieux ouvrir les vannes d’une immigration totale en coulisses. D’une immigration qui n’aura jamais été aussi massive, incontrôlée et incontrôlable.

Pourtant, faut-il le rappeler, l’immigrationnisme est le pire ennemi de l’assimilation républicaine des étrangers et de leur descendance déjà présents sur notre sol, qui sont en conséquence les premières victimes de cette idéologie aussi naïve que faussement généreuse.

Faut-il le rappeler encore, le moindre manquement dans le contrôle de l’immigration sera aussitôt interprété comme un appel d’air par la foule de plus en plus nombreuses des candidats à l’exode européen : cela commencera par les migrants syriens actuels, qui finiront par déborder fatalement d’Allemagne et de Suède. Mais cela continuera par les foules d’Afrique, chassées par la misère ou la promesse d’une vie meilleure (bien souvent illusoire), sachant que les projections pour le continent noir annoncent une croissance démographique très importante ces prochaines décennies.

Maintenant plus que jamais, je réclame avec Debout la France une vraie politique de maîtrise de l’immigration qui passe notamment par le rétablissement de nos frontières nationales et des mesures courageuses en matière de droit au séjour. Bien sûr, cela ne constitue que la moitié du chemin à faire, l’autre volet étant celui du développement massif de l’Afrique et la résorption, résolue et active, des crises et des malheurs qui déracinent tant d’êtres humains à l’heure où, au contraire, la modernité partagée devrait leur permettre de vivre sans crainte sur propre leur terre.