Ainsi Emmanuel Macron multiplie les questions creuses, vides de sens. Il demande à nos compatriotes comment devrait être organisée l’administration de l’État. Il se borne à des questions techniques qui n'ont pas et ne seront pas tranchées par le peuple puisque aucun référendum n’est prévu.

À la lecture de cette lettre, nous voyons clairement le manque de maturité d’un président qui s’entête dans un projet totalement en décalage avec la réalité vécue par les Français. Pire encore, Emmanuel Macron oublie les conditions particulières de son élection. Selon un sondage, sur l’ensemble des électeurs, seuls 6.2% auraient voté Macron sur la base du projet, contre 12.5% en faveur d’un discours sur le renouvellement et 16.3% par opposition à Marine Le Pen.

Les Français ont cru de bonne foi que dégager « l’ancien monde » suffirait à changer de politique mais comme je l’ai déjà dit, des visages rajeunis peuvent poursuivre la pire des vielles politiques.

Emmanuel Macron avait dès le départ un déficit de légitimité inédit. Au lieu de dialoguer avec les Français pour élargir son assise démocratique, il a multiplié les actes d’autoritarisme, en particulier avec le Général De Villiers, et de mépris.

Emmanuel Macron a en encore provoqué nos concitoyens au lieu de trouver des solutions apaisantes en affirmant que notre peuple ne savait pas faire des efforts ! Mais cela fait près de 30 ans que des millions de Français se saignent pour sortir de la crise ! 30 ans que nos dirigeants successifs sont incapables de régler le chômage, la dette, le déficit.

Chacun se rappelle encore les années Hollande et l’incroyable matraquage fiscal. Avec Macron, la gabegie et le racket continuent ! 107 milliards d’euros de déficit en 2019 contre 67 au départ de François Hollande. La presse allemande qui avait été plutôt enthousiaste à voir arriver un président soit disant « réformateur » et favorable à l’orthodoxie budgétaire commence à voir qu’Emmanuel Macron est bien l’héritier de François Hollande. L’ex-ministre allemand des finances, Wolfgang Schaüble, pourtant peu francophile, a même lâché que Macron renonçait aux incroyables atouts de la France, pays qui a le plus fort potentiel de croissance de toute l’Europe, capable même de rattraper et dépasser l’Allemagne vieillissante

Bref. Le peuple français est travailleur, il est solidaire. Il sait ce qu’est l’effort. Il a accepté la stagnation de son pouvoir d’achat, les fonctionnaires et les retraités d’en perdre. Il a accepté de payer toujours plus d’impôts pour financer le chômage grandissant, pour payer les dettes. Ils ne sont pas responsables de la situation de notre pays sinon jamais ils n’auraient soutenu des candidats promettant la bonne gestion financière ou l’équilibre des finances. À chaque fois, les élites dirigeantes ont trahi comme ces députés LR qui revendiquent des économies dans l’opposition, puis ruinent le pays au pouvoir.

C’est là le cœur, le point d’origine du mouvement des Gilets Jaunes : le refus de l’inégalité de la charge des impôts. Tous ceux qui manifestent sont ceux qui ont accepté en se taisant l’effort, toujours plus. Aujourd’hui, ils contestent cet ordre des choses et veulent de la justice. À ce titre, les Français ne veulent pas punir « les riches » mais veulent que les bénéfices soient investis dans l’économie. C’est le sens de mes propositions pour récompenser les entrepreneurs qui choisissent de réinvestir leurs bénéfices en France.

Les Français veulent débattre, mais ils veulent surtout décider. Aussi ce Grand débat corseté par le gouvernement n’est qu’un « grand blabla ». Personne n’est dupe ! Qu’on ne me dise pas que DLF ne fait pas des propositions, les nôtres sont déjà sur la table depuis novembre mais le gouvernement s’en moque, il cherche juste à gagner du temps.

Ces 32 questions à débattre pendant deux mois ne résoudront rien. La méthode engagée est chancelante, contestée. Chantal Jouanno a montré la vacuité de la Commission Nationale sur le Débat Public, les maires ruraux y voient à juste tire une manipulation.

Si vous voulez mon avis, j’estime que le gouvernement va manipuler les résultats de ce débat pour faire de faux arbitrages politiques à propos de mesures qu’il ne sait pas comment financer, comme la suppression totale de la Taxe d’Habitation ! Je vois déjà venir l’argument que la tranche des plus riches restera imposée par esprit de justice fiscale alors que c’est juste pour trouver de l’argent ! Quel cynisme !

Le président lui-même n’a pas une parole claire : il veut un débat franc, sans tabou. Pourtant, les luttes internes dans son gouvernement et son parti ont provoqué une cacophonie totale sur l’immigration, et finalement on apprend qu’il y aura des lignes rouges : l’Europe, l’immigration familiale, l’asile, la fraude fiscale et sociale. Ces thèmes cruciaux sont frappés d’anathèmes de la bien-pensance !

Comment demander aux Français de choisir quel service public il faut supprimer sans traiter des 80 milliards de la fraude fiscale, des 42 milliards de fraude à la sécurité sociale, des 17 milliards de coût net de l’immigration ?

Seul un référendum ou une dissolution peut sortir notre pays de la crise. L’avantage du référendum, c’est qu’il pourrait intervenir vite alors qu’une dissolution sans intégrer une forte dose de proportionnelle serait absurde. La seule solution qui garantisse un débat équitable, franc, médiatisé et populaire, aboutissant à un acte concret, c’est le référendum.